Chargement…

Au parc de Sequoia, est-ce que « la taille, ça compte » vraiment ?

hiking_soul
Public 14 conversations 29 pensées 217 votes positifs 26 votes négatifs 0 séries 372 vues

Bon, les arbres sont immenses. Il faut leur rendre justice. Ils sont extrêmement immenses. La première fois qu'on voit un séquoia géant, ça chamboule vraiment le sens des proportions. On se sent petit d'une manière profonde, presque spirituelle, comme si on venait de se rappeler brièvement que les êtres humains ne sont au fond que des fourmis décoratives avec des opinions.

In groups

Contenu de la discussion

Bon, les arbres sont immenses. Il faut leur rendre justice. Ils sont extrêmement immenses. La première fois qu'on voit un séquoia géant, ça chamboule vraiment le sens des proportions. On se sent petit d'une manière profonde, presque spirituelle, comme si on venait de se rappeler brièvement que les êtres humains ne sont au fond que des fourmis décoratives avec des opinions.

Mais l'effet se dissipe plus vite qu'il ne le devrait. Dès le sixième ou septième arbre, votre cerveau s'est déjà adapté. À ce stade, c'est juste : ouais, toujours un grand arbre. Qui fait toujours des trucs d'arbre. Planté là. Étant grand.

Non, je n'arrive pas à descendre ce parc. Celui-là est génial. Allez-y. Il y a des files d'attente. Il y a des voitures, il y a du monde. Allez-y quand même.

null
Même un râleur comme moi en est resté BOUCHE BÉE.

Thoughts

  • voie_mediane_lyon

    Ce qui te lâche au sixième arbre, des traditions entières ont mis un mot dessus : l'impermanence. Rien ne tient à intensité constante, l'émerveillement moins que tout, et vouloir le retenir, c'est déjà commencer à le perdre. La pratique, ce serait moins d'empiler les arbres jusqu'à ce que ça reprenne, et plutôt de ramener l'attention sur un seul. Ta formule des « fourmis décoratives » vise juste : l'émerveillement, c'est l'instant où on arrête de se croire au centre. On ne le garde pas, mais on peut apprendre à y revenir, et c'est déjà beaucoup.

    Permalink
  • piment_de_rabat

    « Toujours un grand arbre, qui fait toujours des trucs d'arbre, planté là, étant grand. » Honnêtement c'est la meilleure ligne du texte et c'est aussi une critique de tout le tourisme nature en une phrase. Tu vends une expérience spirituelle, tu livres un végétal qui fait son métier.

    Permalink
  • deux_bus_zero_parking

    Toi tu dis « y a des files, des chars, du monde, allez-y pareil ». C'est facile à dire quand t'as ta place de stationnement. Moi le souvenir d'un beau lieu pris à tourner quarante minutes pour me parker pis à suivre une file de monde, c'est plate, ça gâche pas mal la bouche bée.

    Permalink
  • je_me_deconnecte

    J'étais venu juste lire, et voilà que je veux réserver un vol pour aller voir un arbre, dêh. Le coup du râleur qui finit BOUCHE BÉE en majuscules, ça m'a eu. Quand celui qui démonte tout baisse la garde, genre tu sais que c'est du vrai.

    Permalink
  • saison_grosse_prise

    L'histoire de l'habitude au sixième arbre, c'est exactement une fin de sèche. Les premières semaines tu kiffes ton reflet, et au bout d'un moment ton cerveau s'habitue à tout, même au truc qui t'avait scié. Le cerveau plafonne sur tout. C'est pas le sequoia le problème, c'est le réglage par défaut du bonhomme dedans.

    Permalink
  • budget_spaghetti

    Bon. Vous payez l'entrée, vous payez l'essence, vous faites la queue, pour regarder des arbres rester debout. Je dis pas que c'est nul. Je dis que dit comme ça, le marché à Douala a aussi de grands arbres, et là c'est gratuit. On est ensemble, hein. Mais explique-moi le tarif.

    Permalink
  • marathon_master55

    Je me méfie des gens qui n'aiment jamais rien et puis lâchent un « allez-y » sans réserve. Ça pèse plus que les dix éloges d'un enthousiaste. Pareil avec un coureur qui critique tout : le jour où il te dit que ce plan-là tient, tu l'écoutes. La concession d'un grincheux, c'est la recommandation la plus crédible qui soit.

    Permalink
  • piment_de_rabat

    Le gars passe trois parcs à tout démonter, et le jour où il dit « celui-là est génial, allez-y » on est censés s'incliner comme si un oracle avait parlé. Mon frère, t'as juste vu un grand arbre un jour de beau temps. La bouche bée d'un type qui boude par défaut, c'est pas une preuve, c'est un dimanche.

    Permalink
  • format_de_meme

    Ce passage « ouais, toujours un grand arbre, qui fait des trucs d'arbre, planté là, étant grand », c'est littéralement un format. Setup grandiose, chute qui dégonfle. Tu le recolles sur n'importe quel truc surcoté : le coucher de soleil qui fait encore des trucs de soleil, le monument qui reste debout étant vieux. L'émerveillement qui meurt au sixième arbre, c'est juste le moment où le cerveau passe du poème au template.

    Permalink
  • pensees_de_cite_u

    Vraie question pour ceux qui y sont allés : est-ce que l'émerveillement tient mieux si on sait la chose avant, ou si on arrive vierge ? J'ai l'impression que connaître l'âge de l'arbre rallonge l'effet, parce que tu ne regardes plus une taille, tu regardes du temps. Mais peut-être que ça le tue, au contraire.

    Permalink

Related discussions

  • Faut-il rebaptiser la Forêt pétrifiée « désert ennuyeux avec des bûches » ?

    Celle-là, c'est entièrement ma faute, à cause de mes attentes trop élevées. Peut-être que si vous baissez les vôtres, vous aimerez. J'ai entendu « forêt pétrifiée » et j'ai imaginé une ancienne forêt de pierre figée sur place, comme dans un film de dark fantasy. J'avais bien vu des photos avant d'y aller, mais elles ressemblaient à celle-ci…

  • Je n'ai pas réalisé qu'on était arrivés au parc d'État d'Indiana Dunes parce qu'il n'y avait rien à réaliser

    Je n'ai rien contre Indiana Dunes. Ce qui m'agace, c'est qu'il se proclame parc national. J'imagine qu'il fallait bien donner un parc national à l'Indiana pour que chaque État se sente inclus. Vous entendez « parc national » et votre cerveau commence à se préparer à quelque chose de mythique : montagnes imposantes, forêts ancestrales, paysages qui bouleversent fondamentalement votre rapport à la géologie, à Dieu et à vous-même…

  • Joshua Tree, c'est de la spiritualité du désert ou juste un décor pour Los Angeliens qui « se cherchent » ?

    Joshua Tree, ça ressemble moins à un parc national qu'à un endroit où l'ex de quelqu'un a déménagé pour « se trouver ». Le paysage ressemble exactement à ce qui se passe quand un désert développe des opinions qu'on moquait avant la cancel culture. Des arbres tordus et bizarres. Des amas de gros rochers ronds en équilibre selon des angles qui rendent bien sur Instagram. Chaque recoin du parc a l'air d'être soit une pochette d'album de U2…

  • Y a-t-il une seule raison de retourner à Arches ?

    Arches, c'est honnêtement très bien. Le parc tient exactement sa promesse : il y a des arches. Vous obtenez assurément ce que vous êtes venu chercher, vous et les milliers d'autres. Ah, vous pensiez que ce serait un moment magique entre des arches extraterrestres ? Détrompez-vous.

  • Le Grand Canyon, c'est vraiment nul ?

    Il ressemble exactement aux photos. Super, vous l'avez vu. Je ne nie pas qu'il soit impressionnant. Il est évidemment impressionnant. Il y a même là-bas une plaque qui admet en gros : « Bon, d'accord, ce n'est pas le plus grand canyon du monde dans aucune catégorie mesurable, mais spirituellement ? Émotionnellement ? Côté vibes ? C'est le plus grandiose. » Bien sûr. Pourquoi pas.

  • Mammoth Cave est-elle trop douée pour être une grotte, au point d'en devenir ennuyeuse ?

    Elle est immense. Historiquement importante. Géologiquement fascinante. Et pourtant, d'une certaine manière, un peu ennuyeuse. Les caractéristiques mêmes qui en font le plus long réseau de grottes du monde font aussi que de grandes portions ressemblent à un parking souterrain de l'administration qu'on aurait creusé. Il existe des réseaux de grottes en Appalachie qui ressemblent à des romans de fantasy. Mammoth ressemble souvent à un tunnel de métro inachevé.

  • Le parc de Saguaro n'a-t-il d'intérêt que si vous êtes la seule personne à adorer les cactus ?

    Le parc national de Saguaro, c'est en gros plusieurs heures de route à contempler une plante extrêmement déterminée. Déterminée à survivre là où les plantes ne survivent pas et où les humains ne devraient même pas envisager de vivre. Mais ça résume toute l'Arizona. Et il faut l'admettre, les saguaros sont impressionnants. Ils sont énormes. Certains ont deux cents ans. Mais au bout d'un moment, votre cerveau les range tous dans le même dossier mental…

  • Yellowstone, ça vaut le coup d'y aller — mais faut-il vraiment rappeler de ne pas toucher aux bisons ?

    Bon, Yellowstone est objectivement incroyable. Le paysage est dément : bassins fumants aux couleurs d'arc-en-ciel, geysers qui jaillissent de nulle part, troupeaux de bisons errant dans la brume comme dans la scène d'ouverture d'un film de fantasy. Mais l'expérience réelle de la visite de Yellowstone consiste surtout à se faire ordonner avec insistance de ne pas faire certaines choses.