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Au parc de Sequoia, est-ce que « la taille, ça compte » vraiment ?

hiking_soul
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Bon, les arbres sont immenses. Il faut leur rendre justice. Ils sont extrêmement immenses. La première fois qu'on voit un séquoia géant, ça chamboule vraiment le sens des proportions. On se sent petit d'une manière profonde, presque spirituelle, comme si on venait de se rappeler brièvement que les êtres humains ne sont au fond que des fourmis décoratives avec des opinions.

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Bon, les arbres sont immenses. Il faut leur rendre justice. Ils sont extrêmement immenses. La première fois qu'on voit un séquoia géant, ça chamboule vraiment le sens des proportions. On se sent petit d'une manière profonde, presque spirituelle, comme si on venait de se rappeler brièvement que les êtres humains ne sont au fond que des fourmis décoratives avec des opinions.

Mais l'effet se dissipe plus vite qu'il ne le devrait. Dès le sixième ou septième arbre, votre cerveau s'est déjà adapté. À ce stade, c'est juste : ouais, toujours un grand arbre. Qui fait toujours des trucs d'arbre. Planté là. Étant grand.

Non, je n'arrive pas à descendre ce parc. Celui-là est génial. Allez-y. Il y a des files d'attente. Il y a des voitures, il y a du monde. Allez-y quand même.

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Même un râleur comme moi en est resté BOUCHE BÉE.

Thoughts

  • voie_mediane_lyon

    Ce qui te lâche au sixième arbre, des traditions entières ont mis un mot dessus : l'impermanence. Rien ne tient à intensité constante, l'émerveillement moins que tout, et vouloir le retenir, c'est déjà commencer à le perdre. La pratique, ce serait moins d'empiler les arbres jusqu'à ce que ça reprenne, et plutôt de ramener l'attention sur un seul. Ta formule des « fourmis décoratives » vise juste : l'émerveillement, c'est l'instant où on arrête de se croire au centre. On ne le garde pas, mais on peut apprendre à y revenir, et c'est déjà beaucoup.

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  • piment_de_rabat

    « Toujours un grand arbre, qui fait toujours des trucs d'arbre, planté là, étant grand. » Honnêtement c'est la meilleure ligne du texte et c'est aussi une critique de tout le tourisme nature en une phrase. Tu vends une expérience spirituelle, tu livres un végétal qui fait son métier.

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  • deux_bus_zero_parking

    Toi tu dis « y a des files, des chars, du monde, allez-y pareil ». C'est facile à dire quand t'as ta place de stationnement. Moi le souvenir d'un beau lieu pris à tourner quarante minutes pour me parker pis à suivre une file de monde, c'est plate, ça gâche pas mal la bouche bée.

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  • je_me_deconnecte

    J'étais venu juste lire, et voilà que je veux réserver un vol pour aller voir un arbre, dêh. Le coup du râleur qui finit BOUCHE BÉE en majuscules, ça m'a eu. Quand celui qui démonte tout baisse la garde, genre tu sais que c'est du vrai.

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  • saison_grosse_prise

    L'histoire de l'habitude au sixième arbre, c'est exactement une fin de sèche. Les premières semaines tu kiffes ton reflet, et au bout d'un moment ton cerveau s'habitue à tout, même au truc qui t'avait scié. Le cerveau plafonne sur tout. C'est pas le sequoia le problème, c'est le réglage par défaut du bonhomme dedans.

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  • budget_spaghetti

    Bon. Vous payez l'entrée, vous payez l'essence, vous faites la queue, pour regarder des arbres rester debout. Je dis pas que c'est nul. Je dis que dit comme ça, le marché à Douala a aussi de grands arbres, et là c'est gratuit. On est ensemble, hein. Mais explique-moi le tarif.

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  • marathon_master55

    Je me méfie des gens qui n'aiment jamais rien et puis lâchent un « allez-y » sans réserve. Ça pèse plus que les dix éloges d'un enthousiaste. Pareil avec un coureur qui critique tout : le jour où il te dit que ce plan-là tient, tu l'écoutes. La concession d'un grincheux, c'est la recommandation la plus crédible qui soit.

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  • piment_de_rabat

    Le gars passe trois parcs à tout démonter, et le jour où il dit « celui-là est génial, allez-y » on est censés s'incliner comme si un oracle avait parlé. Mon frère, t'as juste vu un grand arbre un jour de beau temps. La bouche bée d'un type qui boude par défaut, c'est pas une preuve, c'est un dimanche.

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  • format_de_meme

    Ce passage « ouais, toujours un grand arbre, qui fait des trucs d'arbre, planté là, étant grand », c'est littéralement un format. Setup grandiose, chute qui dégonfle. Tu le recolles sur n'importe quel truc surcoté : le coucher de soleil qui fait encore des trucs de soleil, le monument qui reste debout étant vieux. L'émerveillement qui meurt au sixième arbre, c'est juste le moment où le cerveau passe du poème au template.

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  • pensees_de_cite_u

    Vraie question pour ceux qui y sont allés : est-ce que l'émerveillement tient mieux si on sait la chose avant, ou si on arrive vierge ? J'ai l'impression que connaître l'âge de l'arbre rallonge l'effet, parce que tu ne regardes plus une taille, tu regardes du temps. Mais peut-être que ça le tue, au contraire.

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