J'ai tiré un soulevé de terre de 450 livres quelque temps avant de décider de laisser tomber le soulevé de terre et les squats. Quatre disques et un de 25, sans sangles. J'aime me rappeler que toute la salle regardait. Je me suis relevé avec cette barre comme si j'arrachais Excalibur à la terre elle-même. Je l'ai eu.
Puis aujourd'hui, j'ai vu l'agent d'entretien du bureau porter deux chaises de bureau cassées dans une main, une échelle dans l'autre, le café en équilibre par-dessus. J'ai essayé d'en faire autant, mes doigts me faisaient mal. Jamais rien attrapé sous cet angle. Je lui ai demandé comment il s'y prend et il m'a montré, il m'a serré la main à m'en broyer les os, et là j'ai compris.
La poigne des cols bleus, c'est une autre planète. Je ne parle pas du corps entier, je ne crois pas à ce baratin du genre « la force de salle, c'est pas de la vraie force ». La plupart du temps, c'est juste des gars de gym qui font du travail manuel pour la première fois, évidemment qu'ils ne savent pas se servir de leur corps pour ça. Mais la force de poigne ? Putain, ça, c'est bluffant.
Moi je m'entraîne « jour de tirage » avec des barres. Faciles à saisir, même lourdes. Ces gars-là s'entraînent au « jour de tirage de chaque objet que l'humanité ait jamais inventé, et plus encore ». Moi, je n'utilise même pas beaucoup de sangles. Je fais même des curls de poignets et tout. Mes avant-bras n'ont rien à voir, eux ils ont des avant-bras qui ressemblent à des rallonges électriques tressées. Moi je soulève 450 une fois par semaine. Un plombier qui s'appelle José trimballe des chauffe-eau en farmer's carry depuis l'administration Bush. Il ne sait même pas vraiment ce qu'est une protéine.
Je suis très fort dans l'ensemble. Très ;). Mais merde, cette force de poigne m'a remis les pieds sur terre. Tu peux faire tous les curls de poignets que tu veux, tous les soulevés de terre que tu veux. La vraie vie demande des angles, de la force dans les doigts, une tonne de mouvements du poignet que tu n'as tout simplement pas à la salle, sauf si tu y consacres une journée entière. Et ça, je ne pense pas que je le ferai.