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Le sprint est-il le meilleur exercice et le meilleur objectif de forme pour la plupart des gens ?

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Si je n’avais qu’une heure par semaine pour m’entraîner et que le but était de préserver les capacités physiques les plus précieuses en vieillissant, je la passerais sans doute à sprinter. Pas de travail des jambes, pas de course, pas de HIT. Du sprint pur, sur des côtes et des terrains accidentés. Sprinter veut dire ici des efforts courts, quasi maximaux, sur 10 to 15 seconds, avec récupération complète entre les répétitions. Pas forcément comme exercice…

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Si je n’avais qu’une heure par semaine pour m’entraîner et que le but était de préserver les capacités physiques les plus précieuses en vieillissant, je la passerais sans doute à sprinter. Pas de travail des jambes, pas de course, pas de HIT. Du sprint pur, sur des côtes et des terrains accidentés. Sprinter veut dire ici des efforts courts, quasi maximaux, sur 10 to 15 seconds, avec récupération complète entre les répétitions. Pas forcément comme exercice, mais comme objectif.

Si le sprint a l’avantage, à mes yeux, c’est parce qu’il préserve les capacités qui ont le plus de chances de disparaître en premier et de compter plus tard : la force explosive, le recrutement musculaire à haut seuil, la mise en charge forte du squelette et la capacité à produire de la puissance à la demande. Tout ça, dans un mouvement violent qui est justement le plus probable en cas d’urgence. Commençons par le besoin

Le fitness fonctionnel

C’est un mot à la mode dans les cercles de fitness en ligne depuis près de 2 décennies maintenant. Et ça va de la focalisation sur 3 mouvements qui seraient censés tout transférer partout (lol) jusqu’aux mouvements animaux (lol). Fonctionnel veut dire FONCTIONNEL, donc ça dépend forcément de l’application. Pour un nageur, un entraînement fonctionnel n’a rien à voir avec celui d’un danseur de ballet. On n’a pas besoin de mollets en natation, pas vrai ? Maintenant imagine danser sans eux.

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J’ai la nette impression que Michael Phelps se soucie pas mal moins de ses mollets…

Fonctionnel veut dire qu’il y a une fonction à remplir. Alors sers-toi de ta tête, regarde ta vie et vois ce que l’entraînement fonctionnel veut dire pour toi ! Si tu te retrouves pas à porter des frigos sur le dos, alors pourquoi diable chercher à atteindre des squats à 400lbs au nom de l’entraînement fonctionnel ? Bref, revenons-en à nos moutons.

Alors, quel est l’intérêt du sprint ?

Le sprint, c’est ce que tu fais quand tout part en vrille. Quand ton gamin s’étouffe avec une pomme, quand ton chien sort de la maison en courant sur la route, quand tu rates un bus, quand une voiture te fonce dessus, quand tu fuis quelque chose, quand ton immeuble prend feu… Tu ne trottines pas tranquillement quand t’es sous stress. Tu ne fais pas de la marche animale, tu cours putain aussi vite que possible. Et si t’en es pas capable, toi ou quelqu’un meurt.

Donc, comme objectif, t’es fonctionnel en rien tant que t’es pas capable de sprinter. C’est la base de ta vie. Tu dois pouvoir, à n’importe quel moment de ta journée, démarrer et sprinter. Tu peux ajouter des choses à ce que tu considères comme fonctionnel, mais il te faut un socle commun à la plupart d’entre nous. Et je pense que le sprint en fait partie.

Ok, bon objectif. Mais est-ce un bon exercice ?

Commençons par la signalisation hormonale. Le travail anaérobie de haute intensité produit une réponse hormonale aiguë différente de celle du cardio en régime constant, et le sprint est l’un des moyens quotidiens les plus nets d’obtenir ce signal. Le sprint te fait libérer de l’hormone de croissance, de la testostérone… C’est génial. Tu le sens vraiment, essaie juste, tu te sentiras super bien et tu comprendras ce que je veux dire.

Ensuite, la question des fibres rapides. Les fibres de Type II sont recrutées quand la force et la vitesse doivent apparaître maintenant, pas au bout du compte. Ce sont les fibres que tu utilises quand tu te rattrapes d’une chute, quand tu accélères, sautes, grimpes ou bouges avec violence à la demande. Elles déclinent aussi plus vite avec l’âge quand tu cesses de les solliciter. Quelqu’un qui ne sprinte jamais peut rester modérément actif pendant des années tout en laissant ces capacités s’éroder. C’est pour ça que la liste habituelle de recommandations, marche, cardio léger, soulevé à tempo modéré, travail de mobilité, peut tenir quelqu’un globalement occupé tout en passant à côté de quelque chose d’important.

La densité osseuse est le troisième mécanisme, et elle compte plus que la plupart des gens ne le laissent paraître. Le sprint met le système en charge à haute vélocité et à fort impact. Ces forces sont nettement plus grandes que celles de la marche et généralement plus grandes que celles d’un petit jogging. Si tu cherches à conserver ta résistance structurelle en vieillissant, ça compte. Les recommandations grand public privilégient systématiquement ce qui est facile à prescrire et largement sûr à généraliser. Elles ne privilégient pas toujours ce qui préserve le plus sous fortes contraintes.

Enfin, le fait que le sprint met tout bout à bout. Il te force à affronter que tes hanches sont raides, que tes pieds sont faibles, que ton tronc est faible, que ta jambe gauche est plus faible, que ton cou n’est pas stable… Il te fait voir le maillon faible, au lieu de juste t’encourager à refaire encore et encore le même exercice avec plus de poids. Tes jambes ne valent que ce que tes pieds permettent. Il te fait comprendre que ton cou n’a pas été travaillé depuis 10 ans la première fois que tu sprintes. Ça m’est arrivé : je m’attendais à avoir les jambes courbaturées le lendemain et il s’est avéré que le cou était le muscle dont j’aurais dû me soucier depuis le début.

Alors pourquoi tous les coachs ne recommandent-ils pas le sprint ?

Le risque de blessure et l’espace. Écoute, le sprint c’est dur. Risqué, propice aux blessures et dur. Tu ne lis pas un article de motivation (comme celui-ci) et tu te lances direct dedans. Tu ne lis pas un guide en 10 étapes et tu le fais. Ça se mérite. Tu construis tes jambes, tu sprintes un peu, tu vois ce qui est faible et tu travailles ça. Et ça prend des mois. Mais pendant ces mois, le sprint ne cesse de faire remonter tes points faibles et tu travailles à les corriger et à les assembler. Ça finit par te faire voir que t’as pas besoin de squatter encore plus, 300lbs c’est bien assez. Tu vois qu’un soulevé de terre à 400lbs suffit. En fait, tu regrettes les efforts pour y arriver, car tu te rends vite compte que c’est exagéré. T’as jamais besoin de faire ces mouvements au quotidien, alors pourquoi les pratiquer autant pour atteindre des chiffres aussi élevés ? Pourquoi ne pas faire des fentes bulgares et s’assurer que les deux jambes soient fortes et stables de manière unilatérale, puisque c’est comme ça que tu utilises tes jambes la plupart du temps de toute façon ? À quoi bon faire du soulevé de terre si, quand tu portes des trucs, ce sont toujours ta poigne ou tes bras qui lâchent en premier ? Le sprint te fait réfléchir à ce qui compte vraiment en matière de forme. À quoi te servent des jambes aussi fortes si tes hanches sont assez raides pour que tu puisses même pas courir sans douleur ?

Oui, je soulève encore des poids, souvent et avec une vraie envie. Mais j’ai introduit de la variété et je me concentre, maintenant, sur les plus petits muscles. Sur un corps équilibré. Et tout ça, c’est grâce au sprint qui a fait remonter mes points faibles.

Alors vas-y, sprinte, blesse-toi et apprends une chose ou deux sur ton corps.

- Moi

Thoughts

  • retour_postpartum

    L'objectif sprint, je comprends. Mais « sprinte, blesse-toi et apprends une chose ou deux », c'est écrit pour un corps déjà solide, et c'est pas le mien ni celui de pas mal de gens qui vont te lire. Quelques mois après mon deuxième enfant, c'est le plancher pelvien d'abord, le reste suit, dans cet ordre. Un effort quasi maximal sans cette base, ça t'apprend rien du tout, ça te fait reculer de six semaines. Le sprint peut rester l'objectif lointain, mais 20 minutes réelles bien progressives battent la séance héroïque qui te met au tapis.

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  • barre_seche_ne

    Le sprint comme objectif, ça joue, je signe. Mais le passage « un soulevé de terre à 400lbs suffit, tu regrettes les efforts pour y arriver », là je freine. 180 kg au sol, c'est de la marge, pas de l'ego. Le jour où tu portes un meuble lourd et mal réparti dans un escalier, ta force max te donne le coussin que ta vitesse te donne pas. Le sprint te montre tes maillons faibles, d'accord. Mais « assez fort », c'est une phrase qui s'arrête pile au moment où la vie charge la barre plus lourd que prévu.

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  • coach_cours_co

    « Le meilleur exercice pour la plupart des gens », c'est là que je tique. Le meilleur exercice, c'est celui que les gens refont la semaine d'après. Devant ma salle, si j'annonce « cette semaine on sprinte à fond en côte », j'en perds vingt sur trente dès le mardi. Ton truc est excellent pour qui aime déjà se faire mal et sait s'écouter. Pour le débutant lambda, l'adhérence passe avant l'optimal, et un objectif qui fait peur a zéro adhérence.

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  • lit_les_etudes

    Faque sur la partie « le sprint te fait libérer de l'hormone de croissance et de la testostérone, c'est génial », faut que je freine. Les pics hormonaux aigus post-exercice existent, mais leur taille d'effet réelle sur les gains à long terme est minuscule à nulle dans la littérature. C'est une des affirmations les plus détournées du fitness. Le sprint a de vrais arguments, fibres rapides, densité osseuse, puissance. Adosse ton post à ceux-là et laisse tomber le coup hormonal, parce que c'est précisément la phrase qui fait douter le lecteur calé du reste.

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  • aube_tranquille35

    Cela dit, je vais te donner un point que personne ne défend ici : ton passage sur les fibres rapides qui s'érodent en silence est juste, et c'est le vrai angle mort des coureurs comme moi. Dix ans de volume aérobie m'ont rendue endurante et incapable d'accélérer. Si j'avais gardé quelques foulées rapides, prudentes, j'aurais pas perdu autant de vitesse. Donc le sprint comme objectif, oui. C'est juste « une heure de sprint pur et rien d'autre » qui me fait lever un sourcil.

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  • coach_kossi

    Voilà le truc, mon ami : ton conseil est excellent comme objectif et risqué comme programme. Pour qui ça va bien, pour qui ça casse :

    • l'ancien sportif, hanches mobiles, qui a juste arrêté de sprinter, lui retrouve ça vite et en profite

    • le sédentaire de 45 ans avec un ischio raide qui démarre direct sur du quasi-max, lui est à l'infirmerie dans deux semaines

    • la personne en surpoids articulaire qui prend « sprint sur terrain accidenté » au pied de la lettre, elle se tord une cheville avant le bénéfice osseux

    Le sprint comme cap, oui. Le sprint comme première séance, jamais.

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  • kine_hanitra

    « Sprinte, blesse-toi et apprends une chose ou deux », c'est exactement la phrase qui me ramène des gens. Le sprint maximal, c'est la blessure la plus prévisible de tout l'entraînement, l'ischio, le mollet, le tendon d'Achille, et chez quelqu'un de plus de 40 ans qui n'a pas sprinté depuis 20 ans, ce risque devient la règle, pas l'exception. Le mécanisme que tu décris est réel, le dosage que tu proposes est dangereux. Construis la tolérance sur des mois en montée douce avant le moindre effort quasi maximal.

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  • marathon_master55

    À 55 ans je cours des marathons depuis quinze ans et j'ai rajouté des lignes droites en côte il y a trois ans, justement pour garder un peu de vitesse. Donc je suis d'accord sur l'intérêt après 50 ans. Mais ce que ton post oublie, c'est le temps de récupération. Une vraie séance de sprint, à mon âge, ça me coûte deux à trois jours de récup, pas une heure. « Une heure par semaine » dans un planning, ça veut dire trois jours d'organisation autour. Le sprint n'est pas gratuit en temps juste parce qu'il est court.

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  • petitesgains

    Bon, du coup en tant que débutante je suis un peu perdue. Tout le monde me dit de construire une base avant de sprinter, et toi tu dis de sprinter pour découvrir ma base. Genre concrètement je commence par quoi cette semaine sans finir à l'hosto ? Parce que ton post donne hyper envie mais la moitié des commentaires me font peur.

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  • coach_kossi

    Et ta charge contre le « fonctionnel » fourre-tout, je la signe à fond. Le mot a perdu tout sens à force de coller à des mouvements animaux et trois exercices magiques. « Fonction » suppose une fonction précise pour une personne précise, c'est exactement ce que je répète en salle. Le sprint a au moins le mérite d'être impossible à fake, tu cours vite ou tu cours pas. Le reste du post, dose-le. Ça, garde-le.

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