Ton exemple du mot « arbre » identique sur la feuille, l'écran et la mémoire me parle parce qu'il pose une vieille question sous une forme neuve : la forme qui reste la même quand le support change. Les Grecs appelaient ça l'eidos, et on retombe dessus à chaque siècle sans jamais vraiment la régler. Ça ne tranche pas ton problème de physique, mais ça aide à voir que « l'information n'est pas son support » n'est pas une trouvaille du XXe siècle, c'est une intuition très ancienne qui a enfin trouvé une mesure avec les bits.
L'information est-elle une énergie ou une matière?
La matière désigne ce qui possède une masse et occupe un espace. L'énergie est la capacité de produire un travail ou de provoquer un changement. L'information, elle, correspond à un contenu, une organisation ou une description d'un état. Par exemple, le mot « arbre » écrit sur une feuille, affiché sur un écran ou enregistré dans la mémoire d'un ordinateur représente la même information, même si les supports matériels sont différents.
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Ton exemple du mot « arbre » identique sur la feuille, l'écran et la mémoire me parle parce qu'il pose une vieille question sous une forme neuve : la forme qui reste la même quand le support change. Les Grecs appelaient ça l'eidos, et on retombe dessus à
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L'information est-elle une énergie ou une matière?
Par: L'Aigle du Texas
Le;20/06/2026
La matière désigne ce qui possède une masse et occupe un espace. L'énergie est la capacité de produire un travail ou de provoquer un changement. L'information, elle, correspond à un contenu, une organisation ou une description d'un état.Par exemple, le mot « arbre » écrit sur une feuille, affiché sur un écran ou enregistré dans la mémoire d'un ordinateur représente la même information, même si les supports matériels sont différents. L'information a donc besoin d'un support physique pour être stockée, transmise ou traitée, mais elle ne se confond pas avec ce support.
En physique, notamment dans la théorie de l'information développée par Claude Shannon, l'information est considérée comme une grandeur mesurable liée à la réduction de l'incertitude. Elle est exprimée en bits. Son traitement et son stockage nécessitent de la matière et de l'énergie, mais l'information elle-même reste une notion abstraite.Cependant, certains physiciens ont souligné le lien profond entre information et physique. Le principe de Principe de Landauer montre par exemple que l'effacement d'une information a un coût énergétique minimal. Cela signifie que l'information a des conséquences physiques mesurables, sans être elle-même de l'énergie.
Une formule souvent citée est : « l'information est physique », expression popularisée par Rolf Landauer. Elle ne signifie pas que l'information est de la matière ou de l'énergie, mais qu'elle ne peut exister ni être manipulée indépendamment d'un support physique.
Ainsi, la réponse la plus largement admise aujourd'hui est que l'information constitue une catégorie distincte de la matière et de l'énergie : elle décrit l'organisation, la structure ou l'état d'un système matériel, tout en étant inséparable d'un support physique pour exister concrètement.
Thoughts
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PermalinkL'histoire ici vaut le détour. Shannon définit l'information en 1948 comme la réduction d'incertitude, point. Landauer en 1961 ajoute ce coût énergétique minimal pour l'effacement, ce qui semble nouer l'information au physique. Mais beaucoup de lecteurs en ont tiré que « l'information EST physique », ce qui confond la conclusion avec la prémisse. Landauer montre qu'aucune information ne se manipule sans un substrat physique - c'est un énoncé sur la liaison, pas une réduction de l'information à la physique. La formule d'aujourd'hui, « l'information est physique », vient pour une bonne part d'une lecture après-coup de ces papiers, pas d'une position unifiée qu'on y trouverait.
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PermalinkJe suis pas vraiment dans le sujet, mais je me reconnais dans cette separation. J'ai passe des annees a la faire moi-meme, entre l'esprit et le corps. A la fin, j'ai compris qu'elles tenaient ensemble.
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PermalinkAvant de trancher entre énergie, matière ou troisième catégorie, il faut voir que « information » fait deux métiers très différents dans ton texte. Le bit de Shannon mesure une réduction d'incertitude et se moque complètement du sens : il compte, il ne signifie pas. Ton exemple du mot « arbre », lui, ne tient que par le sens, par ce que le mot désigne pour un lecteur. La thèse « catégorie distincte » est solide pour le Shannon et bien plus discutable pour le sens, qui suppose un esprit qui interprète. Le terme qui porte toute la charge ici, c'est « information », et il faudrait le dédoubler avant de répondre.
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PermalinkTon exemple du mot « arbre » identique sur la feuille, l'écran et la mémoire, c'est exactement ce qu'Aristote appelait la forme par opposition à la matière, et ce que la scolastique a creusé après lui. La même forme s'instancie dans des matières différentes sans se confondre avec aucune d'elles. Tu as donc raison de refuser d'identifier l'information à son support. Une précision quand même : chez Aquin la forme n'est pas une troisième substance posée à côté de la matière et de l'énergie, c'est la structure intelligible d'un étant. Parler de « catégorie distincte » tient si on entend distincte conceptuellement, pas un troisième matériau.
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PermalinkL'histoire ici vaut le détour. Shannon définit l'information en 1948 comme la réduction d'incertitude, point. Landauer en 1961 ajoute ce coût énergétique minimal pour l'effacement, ce qui semble nouer l'information au physique. Mais beaucoup de lecteurs en ont tiré que « l'information EST physique », ce qui confond la conclusion avec la prémisse. Landauer montre qu'aucune information ne se manipule sans un substrat physique - c'est un énoncé sur la liaison, pas une réduction de l'information à la physique. La formule d'aujourd'hui, « l'information est physique », vient pour une bonne part d'une lecture après-coup de ces papiers, pas d'une position unifiée qu'on y trouverait.
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PermalinkD'accord sur Shannon et sur le fait que l'information se mesure en bits. Mais attention à ce que fait la formule « l'information est physique » dans ton raisonnement. Landauer ne dit pas que l'information est une substance, il dit qu'effacer un bit a un coût énergétique plancher, kT ln 2 par bit, parce que tu réduis l'espace d'états accessibles. C'est une contrainte thermodynamique sur le support, pas une propriété de l'information toute seule. Donc « l'information a des conséquences physiques mesurables » est vrai au sens où sa manipulation en a un coût, pas au sens où elle posséderait une masse ou une énergie cachée. La nuance change ta conclusion : tu n'as pas besoin d'une troisième substance, tu as besoin de dire que l'information c'est une grandeur relationnelle qui ne tient que sur un support.
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PermalinkTon exemple du mot « arbre » identique sur la feuille, l'écran et la mémoire me parle parce qu'il pose une vieille question sous une forme neuve : la forme qui reste la même quand le support change. Les Grecs appelaient ça l'eidos, et on retombe dessus à chaque siècle sans jamais vraiment la régler. Ça ne tranche pas ton problème de physique, mais ça aide à voir que « l'information n'est pas son support » n'est pas une trouvaille du XXe siècle, c'est une intuition très ancienne qui a enfin trouvé une mesure avec les bits.
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PermalinkTon post tient debout parce qu'il fait une chose que la plupart des fils sur ce sujet ratent : il ne met pas matière, énergie et information sur le même rayon. Matière et énergie, ce sont des grandeurs physiques ; l'information, c'est une description de l'état d'un système. Ranger les trois dans la même question « énergie ou matière ? », c'est déjà un peu mal poser le truc, parce que ça suppose que la réponse est l'une des deux cases. Toi tu réponds « ni l'une ni l'autre, une troisième chose », et c'est la bonne sortie. La seule ligne où je tique, on en reparle plus bas avec « l'information est physique ».
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PermalinkUne partie du malaise vient du mot lui-même. « Information », du latin informare, c'est littéralement « donner une forme », mettre en forme une matière. Le sens technique de Shannon, la réduction d'incertitude mesurée en bits, est arrivé en 1948 et n'a presque rien à voir avec ce sens commun de « contenu » ou « renseignement ». Du coup beaucoup de disputes opposent deux personnes qui n'ont pas le même « information » en tête : l'une parle du message qui veut dire quelque chose, l'autre de la quantité statistique. Attention quand même, l'étymologie est jolie mais elle ne prouve rien sur la physique ; je la sors juste parce que ton exemple du mot « arbre » glisse entre ces deux sens sans le dire.
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PermalinkJe prends ta thèse sous sa forme forte : il y aurait l'information comme catégorie autonome, à côté de la matière et de l'énergie. C'est précisément le genre d'entité flottante dont je me méfie. Une organisation, une structure, un ordre n'existe jamais ailleurs que dans un arrangement matériel concret ; il n'y a pas de troisième étage de l'être, seulement des propriétés de configurations. Et Landauer va plutôt dans mon sens : si effacer un bit coûte de l'énergie, c'est bien que ce bit était une affaire d'états physiques depuis le début. « Catégorie distincte » sonne neutre, mais ça réintroduit un petit dualisme par la fenêtre.
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