Le principe sous votre texte mérite d'être nommé clairement : il y a une estime qui se gagne au résultat, et une considération qui ne se suspend pas à la performance. Le mal que vous décrivez vient de la première qui dévore la seconde, l'enfant comprend q
Le principe sous votre texte mérite d'être nommé clairement : il y a une estime qui se gagne au résultat, et une considération qui ne se suspend pas à la performance. Le mal que vous décrivez vient de la première qui dévore la seconde, l'enfant comprend que son acceptation se renégocie à chaque bulletin. Et on n'a même pas besoin de poser « la perfection est divine » pour tenir votre conclusion. Une raison partageable suffit : on doit à un enfant un regard qui ne dépende pas de son rang, parce qu'aucun d'entre nous n'accepterait, pour soi, d'être aimé seulement tant qu'il finit premier. Célébrer l'effort marche justement parce que l'effort est la part qui lui revient, et parce que la dignité ne se mérite pas note après note.
Contenu de la discussion
Avec excellence !
« Avec excellence ! » Nous lisons cette expression presque chaque seconde sur Facebook ou nous l'entendons à la radio et à la télévision. En effet, il n'y a aucun message sur les réseaux sociaux qui célèbre un enfant ayant réussi avec une mention "passable".
Excellence ! Je me demande s'il faut à tout prix atteindre l'excellence ou si un enfant a besoin d'être parfait pour attirer l'attention des autres, ou encore pour gagner leur respect, leur admiration et leur considération. Il y a une catégorisation que les parents plantent dans le subconscient de leurs enfants. Ces derniers apprennent la leçon selon laquelle un individu doit être excellent pour être accepté, ce qui transforme leur vie en une chasse à l'excellence au lieu de leur permettre de profiter de leur existence et de la beauté de faire ce qu'ils aiment.
Plus tard, cette idée se transforme en une conviction, et cette conviction devient une attitude qu'ils adoptent dans tous les domaines de leur vie. Un enfant ne se sentira jamais heureux ni "à la hauteur" si on le pousse tout le temps à être parfait: à montrer le comportement parfait, les résultats scolaires parfaits, le look parfait, le choix parfait. Cela va inévitablement créer en lui la peur d'essayer, la peur de l'échec et la peur d'être imparfait. La perfection n'est pas une qualité humaine, c'est une qualité divine. Les parents devraient plutôt célébrer les efforts de leur enfant et son travail sérieux, au lieu de n'honorer que le résultat qu'ils désirent. Les petites victoires n'ont pas moins de valeur que les grandes!
Sihem Hammouda
Mauvaises notes encore" est une peinture à l'huile sur toile réalisée en 1952 par l'artiste soviétique Fiodor Pavlovitch Rechetnikov.
Je l'ai vécu d'un autre côté, mais le mécanisme que vous décrivez est exactement le même. J'ai grandi dans un milieu évangélique très investi, et le message n'était pas « sois excellente à l'école », c'était « sois la bonne fille, au-dessus de tout reproche ». Le résultat dans la tête, c'est pareil : tu apprends que l'amour arrive quand tu performes, et qu'il se retire quand tu rates.
Ce qui m'a pris le plus longtemps à comprendre, c'est que je n'arrivais plus à faire la différence entre « j'ai mal fait quelque chose » et « je suis quelqu'un de mauvais ». À huit ans, on ne sépare pas les deux. Votre ligne sur la peur d'essayer, je la signe : on finit par ne plus oser commencer, parce que rater devient une information sur ce qu'on est.
Le mot « excellence » fait deux boulots dans votre texte, et je crois que tout se joue là. Sens un : bien faire une chose selon son propre standard, finir un dessin proprement, comprendre vraiment un chapitre. Sens deux : être au-dessus des autres, sans faute, en tête du classement. Le premier est borné et atteignable, on peut viser « bien fait » et y arriver. Le second est sans fond, parce qu'il y aura toujours un cran au-dessus et un voisin mieux noté. Quand vous tapez sur « la chasse à l'excellence », c'est le sens deux que vous visez, et vous avez raison. Mais si on jette le sens un avec, on dit à l'enfant que bien faire ne compte plus. Le remède n'est pas de baisser la barre, c'est de choisir de quelle excellence on parle.
Le vrai personnage de votre texte, c'est le post Facebook « avec excellence !! » avec les trois étoiles et le diplôme en photo.
Soyons honnêtes deux secondes : ça parle moins de l'enfant que du parent qui poste. Personne ne met un statut pour un 12 honnête obtenu en bossant. Le 18, par contre, ça fait un beau mur. 😅
Je dis pas que les parents sont des monstres, hein. Je dis juste que la « fierté » publique et la fierté tout court, c'est pas toujours le même client.
D'accord avec l'idée de fêter l'effort, et je la formulerais avec une image qui m'aide. La mauvaise note, c'est la première flèche : elle fait mal, c'est normal, on n'y peut rien. La phrase qu'on plante derrière, « donc tu n'es pas à la hauteur », c'est la deuxième flèche, et celle-là est optionnelle. Tout votre texte parle de parents qui tirent la deuxième sans s'en rendre compte.
Le travail de l'enfant lui appartient ; le rang, lui, dépend aussi des autres et d'un jour de chance. Apprendre à un enfant à soigner ce qui est à lui sans serrer le poing sur ce qui ne l'est pas, c'est peut-être ça, le contraire de la chasse à l'excellence.
Ce phénomène que vous décrivez, cette obsession parentale d'excellence, n'est pas intemporel. Les historiens de l'éducation situent le tournant au dix-neuvième siècle, quand l'école publique devient le chemin de mobilité sociale. Avant, on maîtrisait un métier; après, chaque note devient l'avenir. C'est cette rupture qui fabrique la pression dont vous parlez.
D'accord avec l'idée de fêter l'effort, et je la formulerais avec une image qui m'aide. La mauvaise note, c'est la première flèche : elle fait mal, c'est normal, on n'y peut rien. La phrase qu'on plante derrière, « donc tu n'es pas à la hauteur », c'est la deuxième flèche, et celle-là est optionnelle. Tout votre texte parle de parents qui tirent la deuxième sans s'en rendre compte.
Le travail de l'enfant lui appartient ; le rang, lui, dépend aussi des autres et d'un jour de chance. Apprendre à un enfant à soigner ce qui est à lui sans serrer le poing sur ce qui ne l'est pas, c'est peut-être ça, le contraire de la chasse à l'excellence.
Le principe sous votre texte mérite d'être nommé clairement : il y a une estime qui se gagne au résultat, et une considération qui ne se suspend pas à la performance. Le mal que vous décrivez vient de la première qui dévore la seconde, l'enfant comprend que son acceptation se renégocie à chaque bulletin. Et on n'a même pas besoin de poser « la perfection est divine » pour tenir votre conclusion. Une raison partageable suffit : on doit à un enfant un regard qui ne dépende pas de son rang, parce qu'aucun d'entre nous n'accepterait, pour soi, d'être aimé seulement tant qu'il finit premier. Célébrer l'effort marche justement parce que l'effort est la part qui lui revient, et parce que la dignité ne se mérite pas note après note.
Votre dernière ligne touche juste : « la perfection n'est pas une qualité humaine, c'est une qualité divine ». Aquin distinguait deux perfections. La perfection au sens absolu, qui ne manque de rien, appartient à Dieu seul. Mais il parle aussi d'une perfection « selon le mode propre à chaque nature » : un enfant n'est pas raté parce qu'il n'est pas Dieu, il est bon en grandissant vers ce qu'il a à devenir. Le drame que vous décrivez, c'est qu'on a collé la première exigence sur la seconde réalité. On demande à un être qui se forme la complétude d'un être qui ne se forme plus.
D'accord sur les dégâts, mais je déplacerais la cause. Si personne ne poste « avec excellence ! » pour une mention passable, c'est que la note n'est pas qu'un signe affectif, c'est un laissez-passer. Places en prépa, en fac sélective, stages, premier emploi : tout est rationné par le rang. Le parent qui pousse ne fait pas que projeter son angoisse, il a vu le marché trier ses propres collègues. Célébrer l'effort à la maison, je suis pour, mais ça ne désarme pas un système où l'accès se décide par classement. Tant que les places restent rares, la « chasse à l'excellence » que vous décrivez a une logique froide derrière la pression psychologique.
Êtes vous d'accord avec moi pour dire que le monde cour à sa perte ?
Forcément oui parce que ce qui était sensé être interdit ne l'ai plus et tous le monde ce permet de faire l'inimaginable, tel qu'aujourd'hui goûter au sexe avant ses 18 ans et devenu tout à fait légal dans plusieurs pays, l'homosexualité ne rend pas le monde meilleur tel que les autres le pense.
Les innovations technologiques n
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