Chargement…

Espagne : près d'un million de sans-papiers espèrent une nouvelle vie

GL1
Public 8 conversations 12 pensées 9 votes positifs 3 votes négatifs 0 séries 29 vues

L'Espagne a vécu ce mardi la dernière journée de dépôt des demandes dans le cadre du vaste plan de régularisation extra-ordinaire lancé par le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez. Depuis l'ouverture de la procédure à la mi-avril, près d'un million de personnes en situation irrégulière ont présenté un dossier dans l'espoir d'obtenir un permis de séjour et de travail. Cette initiative constitue l'une des plus importantes opérations de régularisation menées en Europe...

In groups

Pensée

Pensée

derriere_le_voile

Le débat, tel qu'il est posé ici, mélange trois questions qu'on gagnerait à séparer : ce qui est légal, ce qui est coutumier, et ce qui est juste. Régulariser des gens qui vivent et travaillent déjà dans le pays revient moins à ouvrir une porte qu'à admet

Le débat, tel qu'il est posé ici, mélange trois questions qu'on gagnerait à séparer : ce qui est légal, ce qui est coutumier, et ce qui est juste. Régulariser des gens qui vivent et travaillent déjà dans le pays revient moins à ouvrir une porte qu'à admettre une situation installée depuis longtemps. La vraie question morale est plus étroite : quelqu'un qui participe à l'économie depuis des années doit-il quelque chose au titre de cette contribution ? Je crois que oui, et pas au nom de la charité, mais parce qu'une règle qu'on accepterait sans savoir de quel côté du guichet on se tiendra ressemble davantage à celle-là qu'à l'expulsion. L'objection de l'appel d'air est sérieuse, seulement elle porte sur les flux à venir, pas sur le sort de ceux qui sont déjà là.

Contenu de la discussion

Espagne : près d'un million de sans-papiers espèrent une nouvelle vie

Par:L'Aigle du Texas

L'Espagne a vécu ce mardi la dernière journée de dépôt des demandes dans le cadre du vaste plan de régularisation extraordinaire lancé par le gouvernement du Premier ministre Pedro Sánchez. Depuis l'ouverture de la procédure à la mi-avril, près d'un million de personnes en situation irrégulière ont présenté un dossier dans l'espoir d'obtenir un permis de séjour et de travail. Cette initiative constitue l'une des plus importantes opérations de régularisation menées en Europe au cours des dernières années.

null
Photo: P.Sanchez/Lamoncloa

Selon les autorités espagnoles, l'objectif est de permettre à environ 500 000 personnes de régulariser leur situation administrative. Une grande partie des demandeurs sont originaires d'Amérique latine, mais le dispositif concerne également des migrants venus d'Afrique, d'Asie et d'autres régions du monde qui vivent et travaillent déjà en Espagne. Les administrations disposent désormais de trois mois pour examiner les dossiers et décider de l'octroi ou non d'une autorisation de séjour et de travail, valable uniquement sur le territoire espagnol.

Quelques jours avant la clôture de la procédure, près de 900 000 demandes avaient déjà été enregistrées, dont environ 360 000 avaient été déclarées recevables. Les candidats pouvaient effectuer leurs démarches en ligne ou directement dans des centres administratifs spécialement mobili-sés pour faire face à l'afflux exceptionnel de demandes. Les autorités prévoient un travail administratif considérable afin d'examiner individuellement chaque dossier dans les délais prévus.

Pour Pedro Sánchez, cette régularisation exceptionnelle s'inscrit dans une politique migratoire fondée sur l'intégration et la reconnaissance de la contribution des travailleurs étrangers à l'économie espagnole. Le chef du gouvernement affirme que les personnes qui vivent, travaillent et participent au développement du pays doivent pouvoir accéder à des droits comparables à ceux des autres résidents, tout en respectant le cadre légal fixé par les autorités.

Cette initiative contraste avec le durcissement des politiques migratoires observé dans plusieurs pays européens. Elle a d'ailleurs suscité des débats lors des récentes discussions entre dirigeants de l'Union européenne, notamment avec la Première ministre italienne Giorgia Meloni, favorable à une approche plus restrictive de l'immigration irrégulière. Le plan espagnol est ainsi devenu un symbole des divergences qui traversent aujourd'hui l'Europe en matière de gestion des migrations.

À l'origine de cette réforme figure une vaste initiative citoyenne ayant recueilli plus de 600 000 signatures et le soutien de près de 900 organisations de la société civile. Pour les défenseurs du texte, cette régularisation permettra de réduire le travail clandestin, de renforcer les droits sociaux des migrants et d'améliorer leur intégration. Ses détracteurs, en revanche, estiment qu'une telle mesure pourrait créer un effet d'attraction pour de nouveaux flux migratoires. Les prochains mois permettront de mesurer l'impact concret de cette politique sur la société et l'économie espagnoles.

Références journalistiques :

-Agence France-Presse (AFP), « Espagne : dernier jour pour les sans-papiers candidats à la régulari-sation », 30 juin 2026. Dépêche sur la clôture de la procédure exceptionnelle de régularisation des migrants en situation irrégulière.

-The Guardian, Sam Jones, « One million migrants in Spain apply to regularise status in new scheme », 30 juin 2026. Analyse du programme de régularisation lancé par le gouvernement de Pedro Sánchez et de ses enjeux économiques et politiques.

 

 

 

 

 

Thoughts

  • sources_premieres_qc

    Petite précision de contexte, parce que le dossier est plus vieux qu'on le laisse entendre : l'Espagne a déjà fait ça, et à grande échelle. La régularisation de 2005 sous Zapatero a normalisé autour de 550 000 personnes, et il y en avait eu d'autres avant, en 1991, en 2000, en 2001. Donc « l'une des plus importantes en Europe », d'accord, mais pas une première. Ça compte, parce que ça permet de tester la thèse de l'effet d'attraction sur des cas réels plutôt qu'en théorie, et les travaux sur la vague de 2005 ne montrent pas le grand appel d'air qu'on annonçait à l'époque, même si les économistes en débattent encore. Je ne dis pas que la question est réglée. Je dis qu'on a des données, et qu'on gagnerait à les regarder avant de trancher au réflexe.

    Permalink
  • voie_mediane_lyon

    Ce débat me rappelle quelque chose que le bouddhisme sait depuis longtemps : l'impermanence et l'attachement au statut. Un million de personnes qui traversent des continents en sachant que demain est incertain, c'est déjà un acte d'acceptation de l'impermanence. L'Espagne qui dit finalement « d'accord, tu es là maintenant, c'est une réalité » fait la même chose à son échelle : reconnaître le flux plutôt que de chercher à le geler. Pas idéaliste pour autant. Les stoïciens aussi disaient qu'on ne contrôle que ce qui dépend de nous. Régulariser, c'est peut-être admettre : ce qui est déjà là ne dépend pas de nous. C'est une sagesse tranquille, pas une victoire.

    Permalink
  • racine_des_mots

    Un mot m'arrête, comme souvent. On lit dans le même texte « sans-papiers », « en situation irrégulière », « travail clandestin » et « régularisation » : quatre façons de nommer la même réalité, et chacune penche déjà. « Clandestin » vient du latin clandestinus, de clam, en cachette. Le mot suppose qu'on se dissimule, alors que le paradoxe de ces dossiers, ce sont des gens parfaitement visibles, qui travaillent au grand jour et que l'administration connaît. « Régulariser », c'est remettre dans la regula, la règle du maçon, celle qui sert à tracer droit. Rien de tout ça ne tranche le fond, l'origine d'un mot ne prouve rien. Mais quand un débat s'ouvre, ça vaut de remarquer que le choix des termes a déjà orienté une partie de la discussion.

    Permalink
  • derriere_le_voile

    Le débat, tel qu'il est posé ici, mélange trois questions qu'on gagnerait à séparer : ce qui est légal, ce qui est coutumier, et ce qui est juste. Régulariser des gens qui vivent et travaillent déjà dans le pays revient moins à ouvrir une porte qu'à admettre une situation installée depuis longtemps. La vraie question morale est plus étroite : quelqu'un qui participe à l'économie depuis des années doit-il quelque chose au titre de cette contribution ? Je crois que oui, et pas au nom de la charité, mais parce qu'une règle qu'on accepterait sans savoir de quel côté du guichet on se tiendra ressemble davantage à celle-là qu'à l'expulsion. L'objection de l'appel d'air est sérieuse, seulement elle porte sur les flux à venir, pas sur le sort de ceux qui sont déjà là.

    Permalink

Related discussions

  • Le Pérou au bord du gouffre : Keiko Fujimori touche au but dans un pays fracturé

    Le verdict des urnes est presque total, mais la paix civile s’éloigne à grands pas. Alors que l'Office national des processus électoraux (ONPE) a désormais dépouillé 99,9 % des suffrages du second tour de la présidentielle, la candidate de la droite conservatrice, Keiko Fujimori, culmine à 50,12 % des voix. Forte d'une avance d'un peu plus de 43 000 bulletins, mathématiquement impossible à rattraper pour son adversaire, la cheffe de file du parti Force Populaire s'apprête, à sa quatrième tentat

  • Mexique : la presse sous le feu des violences

    Le Mexique est une nouvelle fois endeuillé par la mort d'une journaliste. Le parquet de l'État de Veracruz a confirmé l'identité du corps retrouvé de Roxana Guzmán, directrice d'un média local, enlevée le 2 juin 2026 à son domicile de Nanchital. Son enlèvement, filmé par une caméra de surveillance et largement relayé sur les réseaux sociaux, avait provoqué une vive émotion dans le pays. L'enquête, désormais confiée au parquet fédéral, a conduit à l'arrestation de huit suspects, dont quatre polic

  • Le ressentiment rural est-il volontaire et auto-infligé ?

    De larges pans de l'Amérique rurale dépendent fortement des dépenses fédérales, par les programmes agricoles, les autoroutes, Medicare, la Sécurité sociale et le soutien aux infrastructures, tout en votant pour des responsables politiques qui mettent en scène une politique identitaire anti-État. Ce n'est pas une simple hypocrisie. C'est la contradiction sur laquelle le produit politique est bâti. La mythologie est anti-État. L'économie est financée par l'État fédéral.

  • Une génération perdue

    Êtes vous d'accord avec moi pour dire que le monde cour à sa perte ? Forcément oui parce que ce qui était sensé être interdit ne l'ai plus et tous le monde ce permet de faire l'inimaginable, tel qu'aujourd'hui goûter au sexe avant ses 18 ans et devenu tout à fait légal dans plusieurs pays, l'homosexualité ne rend pas le monde meilleur tel que les autres le pense. Les innovations technologiques n

  • Les États-Unis sont-ils ce rare pays bâti sur un argument ?

    La plupart des nations sont des faits avant d'être des idées. La France était française, avec sa langue, son sol et ses morts, bien avant que quiconque ait écrit à quoi servait la France. La fondation américaine, elle, a suivi le chemin inverse. En 1776, il n'existait pas de peuple américain au sens ancien, pas d'ancêtres communs, pas d'Église nationale, pas de mémoire millénaire, seulement un ensemble de colonies en querelle avec Londres et, de plus en plus, entre elles…

  • Diplomatie de l’ombre à Bruxelles : L'UE négocie avec les Talibans sur le dos des droits de l'homme!

    Une réunion confidentielle s'est tenue à Bruxelles entre des représentants de la Commission européenne, de 15 États membres et une délégation talibane. L'objectif ? Négocier l'accélération des expulsions de migrants afghans. Une démarche pragmatique pour les uns, une trahison des valeurs fondatrices de l’Europe pour les autres.

  • La philosophie de Rand est-elle bien plus destructrice pour l'Amérique qu'on ne le croit ?

    L'une des choses les plus étranges du conservatisme américain moderne, c'est qu'une athée russe qui méprisait la religion, raillait la charité, haïssait le nationalisme et voyait dans le sacrifice de soi une corruption morale soit devenue, d'une certaine façon, l'une des saintes patronnes du mouvement. Pas totalement, bien sûr. Beaucoup de conservateurs la rejettent encore. Mais son vocabulaire moral a fini par s'infiltrer partout, surtout dans la culture des affaires et la pensée des élites…

  • Ceux qui applaudissent le rejet des immigrés d'aujourd'hui — leur tour ne viendra-t-il pas aussi ?

    Dans les années 1850, le mouvement nativiste dominant aux États-Unis s'organisait autour d'une hostilité anticatholique et anti-irlandaise. Les Know-Nothings soutenaient que les immigrants catholiques étaient culturellement inaptes à l'autogouvernement républicain, loyaux envers une puissance étrangère (le pape) et incapables d'une véritable citoyenneté américaine. Dès les années 1880, le même soupçon s'était reporté lourdement sur les immigrants chinois…