Mexique : la presse sous le feu des violences
Par: L'Aigle du Texas
Le Mexique est une nouvelle fois endeuillé par la mort d'une journaliste. Le parquet de l'État de Veracruz a confirmé l'identité du corps retrouvé de Roxana Guzmán, directrice d'un média local, enlevée le 2 juin 2026 à son domicile de Nanchital. Son enlèvement, filmé par une caméra de surveillance et largement relayé sur les réseaux sociaux, avait provoqué une vive émotion dans le pays. L'enquête, désormais confiée au parquet fédéral, a conduit à l'arrestation de huit suspects, dont quatre policiers municipaux accusés d'avoir apporté un soutien logistique au groupe criminel impliqué dans ce meurtre.
Ce drame illustre une nouvelle fois l'extrême danger auquel sont confrontés les journalistes mexicains, en particulier dans l'État de Veracruz, considéré comme l'un des plus meurtriers pour la profession. Quelques jours seulement après l'enlèvement de Roxana Guzmán, le journaliste spécialisé dans les faits divers Luis Angel Lopez Valdez a été assassiné à Poza Rica, malgré les mesures de protection dont il bénéficiait après avoir reçu plusieurs menaces. Roxana Guzmán devient ainsi la troisième journaliste tuée à Veracruz depuis le début de l'année 2026, confirmant la persistance d'un climat de violence et d'impunité.
Selon les organisations de défense de la liberté de la presse, le Mexique demeure l'un des pays les plus dangereux au monde pour exercer le journalisme en dehors des zones de guerre. Depuis l'an 2000, plus de 170 journalistes y ont été assassinés et plusieurs dizaines sont portés disparus. D'après les estimations d'organisations spécialisées, plus de 90 % des crimes commis contre des journalistes restent impunis, tandis que Veracruz figure régulièrement parmi les États enregistrant le plus grand nombre d'agressions contre les professionnels des médias.
Au-delà de l'émotion suscitée par la mort de Roxana Guzmán, cette affaire relance le débat sur la protection des journalistes et la lutte contre les liens entre criminalité organisée et institutions locales. Les arrestations de policiers municipaux montrent que l'infiltration des réseaux criminels au sein de certaines autorités demeure une préoccupation majeure. Les organisations de défense des droits humains appellent les autorités mexicaines à garantir une enquête indépendante, à renforcer les mécanismes de protection des journalistes et à mettre fin à l'impunité qui alimente la répétition de ces crimes.