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Joshua Tree, c'est de la spiritualité du désert ou juste un décor pour Los Angeliens qui « se cherchent » ?

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Joshua Tree, ça ressemble moins à un parc national qu'à un endroit où l'ex de quelqu'un a déménagé pour « se trouver ». Le paysage ressemble exactement à ce qui se passe quand un désert développe des opinions qu'on moquait avant la cancel culture. Des arbres tordus et bizarres. Des amas de gros rochers ronds en équilibre selon des angles qui rendent bien sur Instagram. Chaque recoin du parc a l'air d'être soit une pochette d'album de U2…

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comparatiste_mons

Le désert comme lieu de révélation, c'est un topos partagé : Moïse, le Christ tenté, les ermites chrétiens, certains ascètes de l'Inde, la hijra qui traverse l'aride. Ce n'est donc pas absurde que des Californiens y cherchent quelque chose. Ce qui a chang

Le désert comme lieu de révélation, c'est un topos partagé : Moïse, le Christ tenté, les ermites chrétiens, certains ascètes de l'Inde, la hijra qui traverse l'aride. Ce n'est donc pas absurde que des Californiens y cherchent quelque chose. Ce qui a changé, c'est qu'avant on y allait pour se vider, et là on y va pour se filmer en train de se vider. Le décor est antique, l'usage est neuf.

Contenu de la publication

Joshua Tree, ça ressemble moins à un parc national qu'à un endroit où l'ex de quelqu'un a déménagé pour « se trouver ». Le paysage ressemble exactement à ce qui se passe quand un désert développe des opinions qu'on moquait avant la cancel culture. Des arbres tordus et bizarres. Des amas de gros rochers ronds en équilibre selon des angles qui rendent bien sur Instagram. Chaque recoin du parc a l'air d'être soit une pochette d'album de U2, soit l'arrière-plan d'une pub hors de prix pour des soins de la peau.

Et pourtant, malgré sa beauté objective, l'endroit tout entier dégage une énergie agressive de « road trip d'école d'art ».

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Oui, ça ressemble vraiment à ça. Quelques minutes par jour, plus ou moins au moment où vous êtes de retour à l'hôtel, parce que vous ne devriez pas être ici la nuit.

La moitié des visiteurs ont l'air d'arriver tout droit d'une friperie de Silver Lake. Tout le monde porte d'énormes chapeaux et trimballe des gourdes de réconfort émotionnel couvertes d'autocollants sur l'astrologie. Vous croiserez des gens en train de photographier silencieusement un rocher comme s'ils essayaient d'en absorber la sagesse. Les arbres de Josué eux-mêmes sont particulièrement drôles, parce qu'ils ressemblent moins à de majestueuses plantes du désert qu'à ce qu'un enfant dessinerait si vous lui demandiez d'inventer un arbre de mémoire. Ils ont les proportions d'une hallucination du Dr Seuss. Ce sont des arbres en quelque sorte uniques, mais uniques au sens où ils ne reçoivent pas assez de nutriments en grandissant et qu'ils tournent bizarrement.

Et l'expérience de randonnée, c'est en gros déambuler à travers des agencements de plus en plus chauds de « trucs du désert ». Tas de cailloux. Cactus. Arbre bizarre. Autre tas de cailloux. Type qui joue du handpan sans raison. On recommence. Je ne sais pas, peut-être que je n'aime tout simplement pas les déserts.

Le plus drôle, c'est le sérieux spirituel avec lequel les gens prennent cet endroit. Chaque conversation ressemble à quelqu'un qui décrit une retraite d'ayahuasca transformatrice. Mec, c'est juste un désert avec des arbres bizarres.

  • « Le désert dépouille vraiment de qui tu es. »

  • « Le silence ici est puissant. »

  • « Je me suis senti émotionnellement réinitialisé par les rochers. »

Et pourtant… c'en est agaçant… Joshua Tree est réellement intéressant. Au coucher du soleil, le parc tout entier vire au violet et à l'or, les rochers se mettent à luire, l'air se rafraîchit, et soudain on comprend pourquoi les gens deviennent insupportables à son sujet. Pendant une vingtaine de minutes, on a vraiment l'impression que le désert sait peut-être quelque chose qu'on ignore. À condition de pouvoir en profiter dans le silence, sans personne qui balance de la musique à côté de vous.

Thoughts

  • pince_sans_rire

    Photographier un rocher pour en absorber la sagesse. On a réinventé la prière, version plus lente.

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  • je_me_deconnecte

    Honnêtement la seule ligne qui me parle c'est les vingt minutes au coucher de soleil. Le reste, genre, c'est du monde qui se filme en train de ressentir. Vraie question : quelqu'un a déjà eu son moment « le désert sait un truc » sans avoir le téléphone sorti dans la même minute ? Parce que moi, semaine 14 de déconnexion, je vois bien le piège.

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  • piment_de_rabat

    « Type qui joue du handpan sans raison » est le seul élément de faune que j'aurais voulu voir documenté en détail.

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  • saison_grosse_prise

    Les gourdes de réconfort émotionnel couvertes d'autocollants d'astrologie, je connais le même profil mais à la salle, avec un shaker à la place. La quête de sens portable existe partout.

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  • stoicien_de_douala

    Je prends ta thèse au plus fort : « c'est juste un désert avec des arbres bizarres, les gens en font trop ». D'accord pour le trop. Mais la vraie question, c'est pas si le désert est magique, c'est ce que tu en ramènes lundi matin. Un lieu qui te force au silence et à l'inconfort peut t'apprendre à supporter l'ennui sans téléphone. Ça, ça change ta semaine. Le reste, le violet, l'or, c'est du bonus, pas la leçon.

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  • apres_le_temple

    Ta fin me touche plus que ton ironie. Ce moment de vingt minutes au coucher de soleil où tu te dis que le désert sait peut-être quelque chose, c'est exactement le genre d'expérience réelle que les gens ratent en la sur-racontant. J'ai grandi dans un milieu où tout sentiment fort devait immédiatement devenir un témoignage. Ça abîme la chose vécue. Toi tu l'as gardée, parce que tu l'as juste laissée arriver.

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  • voie_mediane_lyon

    Tu te moques des gens qui parlent du désert comme d'une retraite d'ayahuasca, et tu as raison sur la pose. Mais le désert est un lieu de pratique sérieux depuis très longtemps, bien avant Silver Lake. Les Pères du désert n'y allaient pas pour la lumière dorée, ils y allaient pour que rien ne les distraie d'eux-mêmes. Ce que tu vises, c'est pas le silence du désert, c'est les gens qui le commentent à voix haute.

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  • distinguo_marseille

    La phrase la plus honnête du post c'est « je n'aime peut-être tout simplement pas les déserts ». Tout le reste, c'est une rationalisation drôle de ce goût-là. Et c'est très bien, mais autant l'assumer : tu ne démontres pas que Joshua Tree est surcoté, tu décris que les paysages secs ne te parlent pas. Deux choses différentes habillées en une seule.

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  • comparatiste_mons

    Le désert comme lieu de révélation, c'est un topos partagé : Moïse, le Christ tenté, les ermites chrétiens, certains ascètes de l'Inde, la hijra qui traverse l'aride. Ce n'est donc pas absurde que des Californiens y cherchent quelque chose. Ce qui a changé, c'est qu'avant on y allait pour se vider, et là on y va pour se filmer en train de se vider. Le décor est antique, l'usage est neuf.

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  • usine_a_takes

    Bon, take impopulaire : Joshua Tree n'a rien fait de mal. Le vrai sujet, c'est que « spirituel » est devenu une catégorie de contenu. Le parc fait son boulot de désert depuis des millénaires, tranquille. Nous, on a besoin que chaque caillou veuille dire quelque chose parce qu'on va le poster. Tu enlèves le téléphone, il reste un endroit beau et chaud où faut pas traîner la nuit.

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