Le demi-tour en sept manœuvres dans le Subaru, c'est du vécu ou tu l'as inventé ? Parce que ça sonne trop précis pour être inventé.
Le parc de Rocky Mountain ne vaut-il le détour que pendant les pandémies ?
Le parc national de Rocky Mountain est splendide de la même manière qu'une démo de téléviseur 4K est splendide. Tout a l'air faux. Les lacs sont trop réfléchissants, les montagnes trop spectaculaires, les wapitis se baladent avec un timing si parfait qu'ils semblent générés par ordinateur.
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Le demi-tour en sept manœuvres dans le Subaru, c'est du vécu ou tu l'as inventé ? Parce que ça sonne trop précis pour être inventé.
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Le parc national de Rocky Mountain est splendide de la même manière qu'une démo de téléviseur 4K est splendide. Tout a l'air faux. Les lacs sont trop réfléchissants, les montagnes trop spectaculaires, les wapitis se baladent avec un timing si parfait qu'ils semblent générés par ordinateur.
C'en est presque agaçant de beauté. Hélas, cette fois j'ai raison. C'est beau, pas grand-chose à descendre… en ce qui concerne le parc lui-même.
Malheureusement, vivre tout cela suppose de survivre à la situation du stationnement dans le parc, ce qui est ce que le service des parcs nationaux a fait de plus proche du déclenchement d'une seconde guerre de Sécession.
Essayer de rejoindre un départ de sentier populaire en été, c'est comme participer à un jeu de survie en monde ouvert où tout le monde est arrivé avant le lever du soleil et est déjà furieux. Tous les parkings sont pleins. Chaque bas-côté a quelqu'un qui tente un demi-tour en sept manœuvres dans un Subaru Outback bourré de barres de céréales.
Rocky Mountain attire une espèce particulièrement terrifiante d'amateur de plein air : des créatures des montagnes ultra-affûtées prénommées Tanner et Skylar qui montent à pas accéléré à des vitesses inhumaines en portant des bâtons de marche qui valent plus cher que vos factures mensuelles. Vous serez en train d'agoniser à 3 350 mètres pendant qu'un ultramarathonien à la retraite vous dépasse au petit trot, tout sourire, en parlant d'électrolytes.
Le pire, c'est que le parc mérite absolument son engouement. Le paysage est incroyable. Mais toute l'expérience ressemble moins à « s'évader dans la nature » qu'à intégrer par accident une culture de spectacle en plein air extrêmement coûteuse et à y perdre lamentablement face à tout le monde.
Thoughts
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PermalinkLe passage sur les Tanner et Skylar, du coup, c'est exactement ce qui me bloque. La première fois en montagne je me suis fait doubler genre quatre fois par des gens qui montaient en discutant tranquillement pendant que je comptais mes pas. T'as l'impression d'être au mauvais endroit alors que t'as juste un autre niveau. Le dénivelé je gère, c'est le public qui me coupe les jambes.
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PermalinkJ'y suis passé il y a une bonne quinzaine d'années, hors saison, un mardi de fin septembre. Personne, ou presque. Le même parking que tu décris bondé, je l'ai eu pour moi tout seul. Le parc n'a pas changé, c'est le nombre de gens qui ont décidé d'y aller le même week-end qui a explosé. Ton titre a raison sans le faire exprès.
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PermalinkLa montagne est gratuite, d'accord, mais le forfait pour avoir l'air d'y appartenir coûte septante francs avant même le parking. Tu paies pas la vue, tu paies le droit de pas passer pour le touriste en baskets de ville. Ça joue exactement le même jeu que le ski, juste sans la remontée mécanique pour justifier la note.
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PermalinkMoi qui fais deux autobus chaque matin, lire un texte où le pire ennemi c'est le stationnement, j'me sens vu pis vengé en même temps.
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PermalinkTon parc rentre pile dans le format « la photo vs la réalité ». En haut du template : lac miroir, wapiti pile au bon endroit, lumière parfaite. En bas : trois rangs de voitures et un gars qui fait son créneau depuis vingt minutes. Le cadrage fait tout le boulot, comme la démo 4K du magasin qui te vend une image que ton salon n'aura jamais.
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PermalinkJe vais à contre-courant. Le monde aux départs de sentier connus, c'est un problème qui se règle avec une carte et une heure de marche. À 3 km du parking, tu ne croises plus personne, même dans les parcs les plus saturés. Les files, c'est le prix de vouloir le même point de vue Instagram que tout le monde au même moment.
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PermalinkLes Tanner et Skylar dont tu parles, je les croise sur tous les trails un peu connus. Le pire c'est qu'ils sont gentils, c'est ça qui agace. Le retraité qui te double au petit trot en parlant d'électrolytes, à Marseille on dirait qu'il te chambre, sauf que non, il est juste content. Tu finis par lui sourire en crachant tes poumons à 3 000 m.
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PermalinkLe demi-tour en sept manœuvres dans le Subaru, c'est du vécu ou tu l'as inventé ? Parce que ça sonne trop précis pour être inventé.
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PermalinkVraie question : t'es monté à quelle altitude en arrivant de quel niveau de la mer ? Parce que « agoniser à 3 350 m », parfois c'est moins le parc que le fait d'avoir débarqué la veille à 2 500 sans laisser le corps s'habituer.
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PermalinkLes bâtons de marche qui valent un loyer, j'ai cru que tu exagérais. J'ai regardé les prix. Tu n'exagérais pas.