Faut juste pas inverser la morale : le petit budget ne rend pas sage, l'OP le dit lui-même qu'un petit budget peut être franchement mauvais. Le fric n'enlève pas le jugement, il enlève l'obligation d'en avoir. Tu peux toujours te planter pour septante balles, ça joue, c'est juste moins spectaculaire. Et je parie ma tournée qu'Une chevalerie saison 2 débarque avec le triple, et on se reparle ici.
Les budgets plus gros détruisent-ils les séries au lieu de les améliorer ?
Certaines des fantasy les plus coûteuses jamais portées à l'écran ont paru plus vides que les œuvres plus modestes qui les avaient précédées. Ce n'est pas parce que les spectateurs préfèrent secrètement le bon marché. C'est parce que l'abondance est un piètre substitut au discernement et au bon récit.
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Faut juste pas inverser la morale : le petit budget ne rend pas sage, l'OP le dit lui-même qu'un petit budget peut être franchement mauvais. Le fric n'enlève pas le jugement, il enlève l'obligation d'en avoir. Tu peux toujours te planter pour septante bal
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Certaines des fantasy les plus coûteuses jamais portées à l'écran ont paru plus vides que les œuvres plus modestes qui les avaient précédées. Ce n'est pas parce que les spectateurs préfèrent secrètement le bon marché. C'est parce que l'abondance est un piètre substitut au discernement et au bon récit
Les débuts de Game of Thrones disposaient de quelques moyens, mais aussi de limites. Les scènes devaient faire avancer l'intrigue et tournaient surtout autour des personnages. C'était principalement des échanges entre personnages, avec peu de scènes d'action, peu de batailles (aucune en saison 1, à vrai dire) et surtout de subtils indices de ce qui se tramait. On se concentrait sur l'intrigue, et les livres eux-mêmes fournissaient cette matière. Les saisons suivantes ressemblaient de plus en plus à une production qui croyait que l'ampleur à elle seule pouvait porter le poids émotionnel. Les batailles sont devenues plus grandes. L'énergie événementielle a augmenté. Le sentiment d'histoire, lui, s'est aminci. Les décisions étaient stupides.
Voilà la leçon utile. La contrainte ne crée pas le talent par magie. Le budget n'a pas besoin d'être la contrainte, mais cela aide. Il force à prioriser et rend plus difficile à dissimuler un jugement défaillant. Si l'on ne peut pas se sortir d'une scène faible à coups d'argent, il faut décider de ce dont l'œuvre dépend vraiment. Est-ce une histoire de gens, de motivations, de trahison, de désir, de peur et de prix à payer ? On ne peut pas simplement masquer tout cela sous des batailles et de l'action en images de synthèse pour faire ressentir quelque chose au spectateur.
L'abondance change la tentation. Dès qu'on peut inonder l'écran d'ampleur, il devient plus facile de cesser de résoudre les problèmes difficiles par la réflexion. On se met à jeter de l'argent sur les problèmes : plus d'images de synthèse, plus d'acteurs, de meilleurs décors. Les scènes faibles sont recouvertes de mouvement. Les motivations ténues des personnages sont enfouies sous l'élan. Le public se sent peut-être encore stimulé, mais la stimulation n'est pas la même chose que l'assurance dramatique. Une œuvre se met à paraître coûteuse précisément lorsqu'elle ne fait plus confiance à son propre cœur humain.
C'est pourquoi une fantasy plus modeste peut paraître plus saine. Quand une série ne peut pas s'appuyer sur un climax permanent, le dialogue doit compter. Ce sont les personnages qui portent la série, pas les scènes d'action. Une pièce, un costume ou un silence doit être mûrement réfléchi avant d'être réalisé, et beaucoup de détails y sont consacrés. L'idée n'est pas que les petits budgets soient plus purs ; ils peuvent eux aussi être franchement mauvais. L'idée, c'est que les limites révèlent si les créateurs savent ce qui compte quand la machinerie ne peut pas les sauver.
On le voit dans l'univers même de Game of Thrones. Après n'avoir rien retenu de l'horrible final de GOT, HBO a décidé d'investir encore plus d'argent pour faire une série avec encore plus de dragons et encore PLUS d'images de synthèse. Inutile de dire que les fans ne sont pas impressionnés et que le fandom est sur le point d'abandonner ASOIAF
Jusqu'à...
Une chevalerie des Sept Royaumes. Si vous ne l'avez pas vue, faites-le. Elle est formidable. Si courte, avec peu d'épisodes, et ils sont tous remplis de détails. Les acteurs sont très investis dans leur rôle, et presque aucun d'entre eux n'est célèbre (à l'exception de Bertie Carvel).
L'intrigue tient debout, les personnages tiennent debout, les rares scènes de combat sont TRÈS TRÈS bien pensées, les armures et les armes sont cohérentes... Tout est excellent. Et cela vous fait ressentir quelque chose, cela vous émeut et vous inspire.
Conclusion
Je ne suis pas payé par le service de presse d'Une chevalerie des Sept Royaumes. J'aimerais bien, vu que je le fais gratuitement. Mais comparée aux dernières saisons de GOT et à l'intégralité de House of the Dragon, cela a été une très agréable surprise. Cela montre la grandeur qu'on peut atteindre avec moins de budget quand on se concentre sur le bon récit et les personnages. Cela montre ce que les auteurs de théâtre savaient déjà depuis l'époque grecque. Que l'histoire et les personnages sont la clé. Pas les images de synthèse, pas l'action.
Thoughts
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PermalinkPersonne n'a compté les épisodes ? Six, courts. La vraie contrainte là, c'est la durée, pas le compte en banque. On dilue pas ce qu'on n'a pas le temps de diluer.
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PermalinkBon. Une chevalerie des Sept Royaumes, six épisodes courts, presque personne de connu, et ça t'attrape PLUS que mille dragons en synthèse. Le réflexe streaming c'est toujours rajoute, jamais enlève. Alors qu'enlever c'est exactement ce qui tenait la saison 1, des gens dans une pièce qui se mentent. On a confondu gros avec grand et maintenant on paie l'abonnement pour la confusion.
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PermalinkFaut juste pas inverser la morale : le petit budget ne rend pas sage, l'OP le dit lui-même qu'un petit budget peut être franchement mauvais. Le fric n'enlève pas le jugement, il enlève l'obligation d'en avoir. Tu peux toujours te planter pour septante balles, ça joue, c'est juste moins spectaculaire. Et je parie ma tournée qu'Une chevalerie saison 2 débarque avec le triple, et on se reparle ici.
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PermalinkMettre la cavalerie devant le mur, ça coûte le même prix que la mettre derrière. Le budget n'était pas le problème ce soir-là
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PermalinkUne chevalerie des Sept Royaumes, je l'ai regardée trois fois et j'en parle comme si les acteurs étaient mes voisins. Et c'est précisément ta démonstration : presque personne de connu, des armures cohérentes, des épisodes courts, et ça t'attrape par le col. J'ai pleuré sur un tournoi minable budgétairement plus que sur toute une bataille de dragons. Quand une prod te fait aimer un chevalier fauché en six épisodes, c'est qu'elle a mis l'argent là où ça compte, dans l'écriture.
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PermalinkChecke ben, j'aime ton texte mais la thèse « plus gros budget = pire » se casse direct. La saison 1 de GoT était déjà chère pour la télé de l'époque, mettons. Le Trône de Fer, Le Seigneur des anneaux de Jackson, des gros gros budgets, et c'est précisément ce qui a permis le soin du détail que tu loues. C'est pas l'argent le coupable, c'est ce que tu décides d'en faire. Tu corrèles budget et nullité, mais ta propre contre-preuve est dans ton paragraphe sur GoT saison 1.
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PermalinkOn va se dire les choses sur ta légende. La bataille de Winterfell, la cavalerie lancée devant le mur puis l'infanterie derrière, c'est noté dans mon cahier au chapitre « décisions qui n'ont aucun sens même à budget illimité ». Mais attention : ce n'est pas le budget qui a placé les Dothrakis devant. C'est un choix de mise en scène pauvre, fait avec des moyens riches. Ça affaiblit un peu ta thèse : ici l'argent n'a pas masqué le mauvais jugement, il l'a éclairé en haute définition.
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PermalinkMais bien sûr, House of the Dragon « entièrement » ratée. Tu vas pas me faire croire que t'as regardé le procès de succession et les conseils de la cour avec la même attention que la saison 1 de GoT. C'est EXACTEMENT le genre de série en couches que tu réclames, du dialogue, de la politique, peu de batailles, et là tu la jettes parce qu'elle a des dragons. Soit tu veux du récit lent, soit tu veux taper sur HBO, choisis.
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PermalinkWai, mais le débat « contrainte = créativité » on se le faisait déjà sur les forums à l'époque de la Hammer et des films à dix balles. La contrainte aide, d'accord, sauf qu'on idéalise vite. Pour une chevalerie des Sept Royaumes bien tenue, t'as cinquante séries fauchées qui sont juste fauchées ET mauvaises. L'OP le dit à moitié, mais le fil va l'oublier et transformer « petit budget » en gage de qualité, et là je sors mon vieux DVD pourri pour vous calmer.
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PermalinkLe format c'est toujours le même : « production sûre d'elle qui regarde le mauvais tableur », sauf que le tableur affiche le budget VFX et pas le nombre de scènes qui tiennent debout.
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