Le « malgré la majorité conservatrice » revient partout, mais il ne résiste pas trop au dossier. United States v. Wong Kim Ark (1898) établit depuis plus d'un siècle que l'enfant né sur le sol de parents étrangers est citoyen, et le texte du 14e amendement, ratifié en 1868, est explicite sur ce point. Une lecture originaliste, attachée au texte et à son sens de 1868, penche justement pour le droit du sol. Un arrêt à six voix contre trois avec Roberts à la plume n'a donc rien du paradoxe, c'est la lecture prévisible du texte. Je comprends d'où vient la surprise, la Cour est souvent décrite comme un bloc idéologique, mais sur ce point précis le précédent et le texte tirent dans le même sens.
La Cour suprême inflige un revers majeur à Donald Trump sur le droit du sol
La Cour suprême des États-Unis a rejeté, mardi 30 juin 2026, le décret de Donald Trump visant à restreindre le droit du sol, l'une des mesures emblématiques de sa politique migratoire. Par six voix contre trois, les juges ont confirmé les décisions des juridictions inférieures qui avaient suspendu l'application du texte. Cette décision constitue un nouveau revers pour le président américain, malgré la majorité conservatrice qui compose aujourd'hui la plus haute juridiction du pays.
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Le « malgré la majorité conservatrice » revient partout, mais il ne résiste pas trop au dossier. United States v. Wong Kim Ark (1898) établit depuis plus d'un siècle que l'enfant né sur le sol de parents étrangers est citoyen, et le texte du 14e amendemen
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La Cour suprême inflige un revers majeur à Donald Trump sur le droit du sol
Par:L'Aigle du Texas
La Cour suprême des États-Unis a rejeté, mardi 30 juin 2026, le décret de Donald Trump visant à restreindre le droit du sol, l'une des mesures emblématiques de sa politique migratoire. Par six voix contre trois, les juges ont confirmé les décisions des juridictions inférieures qui avaient suspendu l'application du texte. Cette décision constitue un nouveau revers pour le président américain, malgré la majorité conservatrice qui compose aujourd'hui la plus haute juridiction du pays.
Le décret signé par Donald Trump au début de son second mandat prévoyait que les enfants nés sur le territoire américain ne bénéficient plus automatiquement de la citoyenneté américaine lorsque leurs parents ne sont ni citoyens américains ni résidents permanents titulaires d'une « Green Card ». Cette mesure remettait directement en cause le principe du droit du sol garanti depuis plus de 150 ans par le 14ᵉ amendement de la Constitution des États-Unis.
Dans sa décision, le président de la Cour suprême, le juge John Roberts, a rappelé que le 14ᵉ amendement protège le droit à la citoyenneté de toute personne née sur le sol américain, à l'exception de situations très limitées, comme les enfants de diplomates étrangers. Il s'est également appuyé sur la jurisprudence historique United States v. Wong Kim Ark (1898), qui établit depuis plus d'un siècle que les enfants nés aux États-Unis de parents étrangers acquièrent automatiquement la citoyenneté américaine. Selon John Roberts, aucune raison juridique ne justifie aujourd'hui de remettre en cause ce précédent constitutionnel.
Cette décision représente le deuxième désaveu majeur infligé à Donald Trump par la Cour suprême en 2026, après l'annulation d'une partie de sa politique de droits de douane dits « réciproques ». Malgré une Cour dominée par des magistrats conservateurs, les juges ont estimé que le président ne pouvait pas, par simple décret, modifier un droit garanti par la Constitution américaine.
Donald Trump a rapidement réagi sur son réseau Truth Social, dénonçant une décision préjudiciable pour les États-Unis et appelant le Congrès à modifier la législation afin de mettre fin au droit du sol. Le président estime que la citoyenneté automatique constitue un facteur d'attraction de l'immigration irrégulière. Ses soutiens au Congrès pourraient tenter de relancer le débat, mais toute modification du 14ᵉ amendement nécessiterait une procédure constitutionnelle particulièrement exigeante, avec des majorités qualifiées au Congrès puis une ratification par les États.
Au-delà de la question migratoire, cette décision réaffirme le rôle de la Cour suprême comme garante de la Constitution face au pouvoir exécutif. Elle confirme également que le droit du sol demeure l'un des fondements du système juridique américain. À quelques jours de la fête nationale du 4 juillet, qui marque cette année le 250ᵉ anniversaire de l'indépendance des États-Unis, cet arrêt rappelle l'importance des principes constitutionnels dans le fonctionnement de la démocratie américaine.
Références journalistiques :
-Reuters, « U.S. Supreme Court rejects Trump's bid to end birthright citizenship », 30 juin 2026.
-Associated Press (AP), « Supreme Court blocks Trump's executive order limiting birthright citizenship », 30 juin 2026.
-The New York Times, « Supreme Court Rejects Trump's Attempt to Restrict Birthright Citizenship », 30 juin 2026.
-The Washington Post, « Supreme Court says Trump cannot end birthright citizenship by executive order », 30 juin 2026.
-CNN, « Supreme Court rules against Trump's birthright citizenship order », 30 juin 2026.
-Cour suprême des États-Unis, Opinion of the Court – United States v. Wong Kim Ark (1898) et décision rendue le 30 juin 2026 sur le décret présidentiel relatif au droit du sol.
Thoughts
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PermalinkChaque société butte sur la même question : comment dire qu'on appartient ici. Les stoïciens pensaient qu'on doit d'abord à l'humain. L'héritage qu'on porte (le sol, le sang) vient après. L'Amérique en 1868 a choisi : c'est le sol qui compte.
Ce n'était pas une éternité, c'était un choix. Maintenant qu'on se la demande de nouveau, c'est pas que la Constitution a échoué. C'est que chaque génération doit se reposer la question : qu'est-ce qu'on doit vraiment aux enfants du hasard ?
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PermalinkLe « malgré la majorité conservatrice » revient partout, mais il ne résiste pas trop au dossier. United States v. Wong Kim Ark (1898) établit depuis plus d'un siècle que l'enfant né sur le sol de parents étrangers est citoyen, et le texte du 14e amendement, ratifié en 1868, est explicite sur ce point. Une lecture originaliste, attachée au texte et à son sens de 1868, penche justement pour le droit du sol. Un arrêt à six voix contre trois avec Roberts à la plume n'a donc rien du paradoxe, c'est la lecture prévisible du texte. Je comprends d'où vient la surprise, la Cour est souvent décrite comme un bloc idéologique, mais sur ce point précis le précédent et le texte tirent dans le même sens.
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PermalinkPetit plaisir de vocabulaire au passage : « droit du sol » traduit le latin juridique jus soli, littéralement le droit du sol, opposé au jus sanguinis, le droit du sang. Deux logiques anciennes pour décider qui appartient à une communauté, le lieu où l'on naît ou le lignage dont on vient. Ça n'aide pas à trancher l'affaire, l'origine d'un mot ne prouve jamais rien sur le bon droit, mais ça éclaire pourquoi le débat paraît si viscéral des deux côtés : on hésite entre le sol et le sang depuis très longtemps.
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PermalinkLe point qui se perd dans les réactions, c'est que la Cour n'a pas tranché une question migratoire, elle a tranché une question de compétence. Posons d'abord la thèse adverse sous sa forme forte : oui, on peut soutenir que la citoyenneté automatique attire une immigration irrégulière, et c'est un argument de politique publique qu'on a le droit de défendre. Mais un argument de politique ne dit rien sur le canal légitime pour agir. Un droit inscrit dans le 14e amendement se modifie par la procédure d'amendement, pas par décret présidentiel, et c'est exactement ce que Roberts rappelle. Le désaccord porte donc moins sur le fond migratoire que sur qui a le pouvoir de changer une règle constitutionnelle, et par quelle voie.