Par: L'Aigle du Texas
AFP/Le président américain Donald Trump a annoncé de nouveaux droits de douane visant les drones et certains de leurs composants importés aux États-Unis. Ces taxes, qui doivent entrer en vigueur pour la plupart le 3 septembre, pourront atteindre 100 % pour certaines catégories de produits. L’administration américaine justifie cette décision par la volonté de protéger la sécurité nationale, mais aussi de renforcer une industrie américaine du drone largement dépassée par ses concurrents étrangers, notamment chinois.
Photo: Instagram
Les mesures prévoient une taxe de 100 % sur les drones de plus de 25 kilogrammes, ceux équipés de caméras thermiques, les stations d’accueil ainsi que certains composants. Les drones plus légers seront, eux, soumis à un droit de douane de 25 %. A travers cette politique commerciale, Washington souhaite encourager les fabricants américains à développer leurs propres appareils et à réduire leur dépendance aux fournisseurs étrangers. L’objectif est notamment de construire une chaîne d’approvi-sionnement nationale capable de résister aux éventuelles crises ou perturbations internationales.
Cette décision vise particulièrement la domination de DJI, entreprise chinoise fondée en 2006 et considérée comme le leader mondial du secteur. Selon plusieurs études, la société contrôle plus des deux tiers du marché mondial des drones. Ses appareils sont utilisés aussi bien par des particuliers et des professionnels que dans des contextes militaires, notamment sur les champs de bataille en Ukraine. Pour Washington, cette domination chinoise représente donc un risque stratégique, car les drones sont devenus des équipements essentiels dans les domaines de la surveillance, du renseignement et des opérations militaires.
La méfiance américaine s’est également renforcée après une résolution adoptée en décembre 2025, qui soulignait les risques liés à la dépendance aux drones et aux composants étrangers. L’admini-stration américaine estime que produire ces équipements sur son propre territoire permettrait de limiter les risques d’espionnage, de surveillance non autorisée, de vol de données sensibles ou encore de perturbation des réseaux. Les drones sont en effet considérés comme des technologies à double usage, pouvant servir aussi bien à des activités civiles qu’à des opérations militaires.
La nouvelle politique s’inscrit enfin dans une confrontation technologique plus large entre les États-Unis et la Chine. La Federal Communications Commission (FCC) a déjà ajouté les drones et certains de leurs composants à une liste susceptible de permettre leur interdiction future sur le marché améri-cain. DJI fait depuis plusieurs années l’objet de restrictions à Washington, notamment en raison d’accusations liées à la sécurité et à ses prétendus liens avec l’État chinois, ce que l’entreprise conteste. Avec ces nouveaux droits de douane, Donald Trump entend donc à la fois protéger la sécurité nationale, réduire la dépendance envers la Chine et donner aux fabricants américains les moyens de rattraper leur retard dans une technologie devenue stratégique.