Par: L'Aigle du Texas
Rfi/L'immigration revient au premier plan de l'agenda politique américain. A moins de trois mois des élections de mi-mandat, Donald Trump a signé un nouveau décret visant le « tourisme des naissances », une pratique qui consiste pour certaines étrangères à se rendre aux États-Unis afin d'y accoucher et de permettre à leur enfant d'obtenir la nationalité américaine. Cette initiative marque une nouvelle tentative de l'administration Trump de restreindre la portée du droit du sol, garanti par le 14ᵉ amendement de la Constitution, après un premier revers judiciaire.
Photo:Facebook
Le président américain a présenté ce décret comme une réponse à une décision récente de la Cour suprême, qui avait invalidé une précédente mesure destinée à remettre en cause l'acqui-sition auto-matique de la nationalité américaine à la naissance. « Nous allons y mettre fin différemment », a dé-claré Donald Trump lors de la signature du texte, estimant que le système actuel favoriserait des abus liés à l'immigration.
Le nouveau décret cible spécifiquement les personnes qui entreraient sur le territoire avec un visa touristique dans le seul objectif d'accoucher aux États-Unis. Pour Stephen Miller, principal conseiller de la Maison Blanche sur les questions migratoires, cette pratique permettrait à certains étrangers de contourner les règles de l'immigration et d'offrir à leurs enfants l'accès à la citoyenneté américaine ainsi qu'aux droits qui y sont associés. Les spécialistes de l'immigration soulignent toutefois que le phénomène demeure quantitativement limité et ne représente qu'une faible part des naissances enre-gistrées chaque année dans le pays.
Au-delà de sa portée juridique, cette initiative est largement perçue comme un choix politique. Co-nfronté à une baisse de popularité et à des critiques sur plusieurs dossiers de politique étrangère, Do-nald Trump remet au cœur du débat un thème central de son discours depuis son retour à la Maison Blanche : la lutte contre l'immigration irrégulière. En relançant la contro-verse sur le droit du sol, le président cherche également à mobiliser son électorat conservateur à l'approche des élections de mi-mandat.
Le décret devrait toutefois faire l'objet de nouveaux recours devant les tribunaux. De nombreux juri-stes estiment que toute limitation substantielle du droit du sol se heurte aux protections offertes par le 14ᵉ amendement de la Constitution américaine, qui garantit la citoyenneté à toute personne née sur le territoire des États-Unis, sous réserve d'exceptions très limitées.