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Trafic d'Organes Européen

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Le trafic d'organes demeure une réalité préoccupante en Europe, malgré des systèmes de santé parmi les plus performants au monde. La pénurie d'organes destinés à la transplantation pousse certains patients à rechercher des solutions illégales. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seulement 10 % des besoins mondiaux en transplantation sont satisfaits, ce qui alimente un marché noir très lucratif. Les reins sont les organes les plus recherchés, car ils peuvent être p

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Trafic d'Organes Européen

Par: L'Aigle du Texas

Le trafic d'organes demeure une réalité préoccupante en Europe, malgré des systèmes de santé parmi les plus performants au monde. La pénurie d'organes destinés à la transplantation pousse certains patients à rechercher des solutions illégales. Selon les estimations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), seulement 10 % des besoins mondiaux en transplantation sont satisfaits, ce qui alimente un marché noir très lucratif. Les reins sont les organes les plus recherchés, car ils peuvent être prélevés sur un donneur vivant.

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Photo: DW

Les réseaux criminels ciblent principalement les populations les plus vulnérables. Des enquêtes menées en Roumanie, en Moldavie, au Kosovo ou encore en Ukraine ont montré que des personnes en grande précarité acceptaient de vendre un rein pour 3 000 à 10 000 euros, tandis que les receveurs déboursaient parfois plus de 100 000 euros auprès des intermédiaires. En Espagne, en Italie et en France, les autorités ont également identifié des filières liées au tourisme de transplantation et à des réseaux internationaux.

Les témoignages recueillis par les enquêteurs révèlent la détresse des victimes. Un ancien vendeur de rein originaire d'Europe de l'Est expliquait qu'il avait accepté l'opération pour rembourser ses dettes, avant de souffrir de douleurs chroniques et de difficultés à retrouver un emploi. De leur côté, les enquêteurs d'Europol soulignent que ces organisations criminelles utilisent de faux documents, des cliniques clandestines et des intermédiaires médicaux afin de contourner les contrôles. Selon Europol, le trafic d'organes reste difficile à détecter, car peu de victimes portent plainte.

Les statistiques montrent que le phénomène reste limité par rapport aux autres formes de traite des êtres humains, mais il demeure particulièrement préoccupant. D'après Eurostat, 10 793 victimes de traite ont été enregistrées dans l'Union européenne en 2023, dont environ 20 % relevaient d'autres formes d'exploitation, y compris le prélèvement d'organes. Les pays les plus mobilisés contre ce crime sont notamment l'Espagne, la France, la Belgique, le Portugal et la Norvège, qui ont ratifié la Convention du Conseil de l'Europe contre le trafic d'organes humains.

Face à cette menace, l'Union européenne renforce la coopération entre les services de police et de justice. Europol, Eurojust et le Conseil de l'Europe coordonnent des enquêtes transfrontalières et encouragent les États à développer le don volontaire d'organes afin de réduire les listes d'attente. Les spécialistes estiment que seule une meilleure coopération internationale, associée à une prévention efficace et à un accès plus équitable aux transplantations, permettra de freiner durablement ce commerce criminel.

Références:

01-Conseil de l'Europe, Convention contre le trafic d'organes humains (2015). (Portal).

02-Europol, Organ Trafficking. (Europol).

03-Eurostat, Registered victims of human trafficking in the EU (2023). (European Commission).

04Organisation mondiale de la santé (OMS), Guiding Principles on Human Cell, Tissue and Organ Transplantation. (Financial Times).