République centrafricaine : l'ancien président François Bozizé jugé par contumace pour crimes contre l'humanité
Par:L'Aigle du texas
La République centrafricaine franchit une nouvelle étape dans la lutte contre l'impunité avec l'ouverture du procès par contumace de l'ancien président François Bozizé. Poursuivi pour des crimes contre l'humanité qui auraient été commis entre 2009 et 2013, l'ancien chef de l'État est jugé devant le Tribunal pénal spécial (TPS), une juridiction soutenue par les Nations unies et installée à Bangui.
Les accusations portent sur de graves violations des droits humains attribuées à des membres des forces de sécurité placées sous son autorité. Les faits reprochés comprennent des meurtres, des disparitions forcées, des actes de torture ainsi que des violences sexuelles commis notamment dans une prison civile et un centre d'entraînement militaire de Bossembélé. En février 2024, le Tribunal pénal spécial avait délivré un mandat d'arrêt international contre François Bozizé, estimant disposer de preuves « sérieuses et concordantes » susceptibles d'engager sa responsabilité pénale.
Créé pour enquêter sur les crimes de guerre et les crimes contre l'humanité commis en République centrafricaine depuis 2003, le Tribunal pénal spécial est composé de magistrats centrafricains et internationaux. Son objectif est de juger les principaux responsables des violences qui ont profondément marqué le pays au cours des deux dernières décennies.
Le renversement de François Bozizé en 2013 par la coalition rebelle Séléka avait plongé la République centrafricaine dans une guerre civile particulièrement meurtrière. Par la suite, l'ancien président avait soutenu les milices Anti-Balaka, avant de prendre la tête, en 2020, de la Coalition des Patriotes pour le Changement (CPC), un mouvement rebelle opposé au président Faustin-Archange Touadéra. Les autorités, avec l'appui de partenaires étrangers, dont le groupe russe Wagner, étaient finalement parvenues à contenir cette offensive.
Aujourd'hui en exil, après un passage au Tchad puis en Guinée-Bissau, François Bozizé ne sera pas présent devant ses juges. Son procès est suivi avec une attention particulière par les victimes, les organisations de défense des droits humains et la communauté internationale, qui y voient un test important pour la justice centrafricaine et la lutte contre l'impunité dans un pays encore marqué par les séquelles de plusieurs années de conflit.