Par: L'Aigle du Texas
La Pologne est confrontée à l’une des plus importantes crises de cybersécurité de son histoire. Près de 19 millions de personnes pourraient être concernées par une fuite massive de données médicales et personnelles à la suite d’une cyberattaque visant un fournisseur de logiciels utilisés par les professionnels de santé. Le ministre polonais du Numérique, Krzysztof Gawkowski, a qualifié l’incident de « très important », alors que le pays compte environ 37 millions d’habitants. L’attaque aurait permis aux pirates de dérober près de deux téraoctets de données, selon les premières informations communi-quées par les autorités.
Photo.Liora
Les informations compromises sont particulièrement sensibles. Elles pourraient notamment concerner des consultations médicales, des prescriptions et différents documents liés au suivi des patients. L’ampleur exacte de la fuite varie toutefois selon les personnes concernées et fait encore l’objet d’une enquête. Environ 12 000 structures médicales utilisaient les services de l’entreprise ciblée, ce qui explique l’ampleur potentielle de l’incident. Les autorités polonaises doivent désormais déterminer préci-sément quelles catégories de données ont été consultées ou copiées par les cybercriminels.
Pour l’heure, Varsovie écarte l’hypothèse d’une opération menée directement par un État étranger. Krzysztof Gawkowski a indiqué que rien ne permettait actuellement d’attribuer l’attaque à la Russie ou à une autre puissance étatique. Les premiers éléments de l’enquête orienteraient plutôt les investigations vers des cybercriminels motivés par des intérêts financiers. Le gouvernement affirme par ailleurs qu’il ne versera aucune rançon et promet de poursuivre les responsables. Cette affaire intervient alors que la Pologne fait face à une forte hausse des cybermenaces : le rapport officiel sur la cybersécurité du pays fait état de 272 941 incidents traités en 2025, soit une progression de 144,4 % sur un an.
Face à l’inquiétude de la population, les autorités ont annoncé la mise en place d’un dispositif permettant aux citoyens de vérifier si leurs informations ont été compromises. Cette fuite rappelle surtout la vulnérabilité croissante des infrastructures de santé, qui concentrent des données parmi les plus sensibles concernant les citoyens. La Pologne avait déjà été confrontée à plusieurs incidents de ce type, notamment une cyberattaque contre un établissement hospitalier de Cracovie en 2025, qui avait perturbé son système informatique médical. L’affaire actuelle pourrait ainsi relancer le débat sur la sécurisation des prestataires privés et sur la protection des données médicales à l’heure de la numé-risation accélérée du secteur de la santé.