Par: L'Aigle du Texas
La Banque mondiale appelle les pays en développement à accélérer l'adoption de l'intelligence artificielle (IA), qu'elle considère comme un levier majeur de croissance et de modernisation. Dans un rapport publié mardi, l'institution estime que cette technologie pourrait permettre à ces écono-mies « de réaliser en une décennie ce qui aurait autrement pris un siècle », à condition d'investir rapidement dans les infrastructures, l'énergie, la connectivité et la formation des compétences.
L'institution recommande une stratégie progressive en trois étapes : adopter rapidement les outils d'IA déjà disponibles, les adapter aux besoins locaux, puis évoluer progressivement vers des modèles plus sophistiqués. Selon le chef économiste de la Banque mondiale, Indermit Gill, des solutions d'IA simples et peu coûteuses pourraient déjà améliorer les services de santé, d'éducation, de justice et soutenir le développement agricole dans de nombreux pays.
La Banque mondiale souligne toutefois que cette transition exige d'importants investissements. Dans plusieurs pays à faibles revenus, l'accès limité à l'électricité, aux réseaux internet fiables et aux financements constitue encore un frein majeur. L'institution met également en garde contre le risque d'un creusement des inégalités si les États tardent à agir, l'IA pouvant concentrer davantage la riche-sse et le pouvoir économique entre les mains d'un nombre restreint d'acteurs.
Si l'intelligence artificielle devait entraîner certaines pertes d'emplois, son impact serait plus limité dans les économies en développement que dans les pays les plus riches. La Banque mondiale estime qu'environ 4,5 % des emplois dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires sont exposés à l'automatisation, contre 14,2 % dans les économies avancées. A l'inverse, plus de 16 % des emplois pourraient bénéficier d'un gain de productivité grâce à l'IA, un potentiel jugé essentiel pour éviter une « décennie perdue » de faible croissance mondiale.