Fusion médiatique sous contestation
Par: L'Aigle du Texas
AFP/Douze États américains ont engagé une action en justice pour tenter de bloquer le projet de rachat de Warner Bros. Discovery par Paramount Skydance, une opération estimée à environ 111 milliards de dollars. Menée par le procureur général de Californie, Rob Bonta, cette initiative vise à empê-cher ce qui serait l’une des plus importantes consolidations de l’industrie audiovisuelle américaine. Les plaignants estiment que cette fusion porterait atteinte à la concurrence et pénali-serait les consommateurs.
Photo: Hollywood Reporter
Selon les autorités des douze États, cette opération entraînerait une hausse des prix, une baisse de la qualité des services et une réduction de la diversité des contenus proposés au public. Rob Bonta a rappelé que « personne n’est au-dessus des lois », affirmant que les États défendent un marché libre et équitable face à une concentration excessive du pouvoir économique. Les poursuites s’appuient sur la loi fédérale Clayton, qui interdit les fusions susceptibles de réduire sensiblement la concurrence.
Les États à l’origine de cette action sont la Californie, l’Arizona, le Colorado, le Connecticut, le Massa-chusetts, le Minnesota, le Nevada, le New Jersey, le Nouveau-Mexique, New York, l’Oregon et Washi-ngton. Tous dirigés par des responsables démocrates, ils ont saisi un tribunal fédéral du nord de la Californie afin d’obtenir le blocage judiciaire de l’opération, malgré le feu vert déjà accordé par le mini-stère américain de la Justice.
Après huit mois d’enquête, la division antitrust du ministère de la Justice a conclu que la fusion ne présentait pas de risque significatif pour la concurrence dans les secteurs du streaming, de la télévision ou de la production cinématographique. Les autorités fédérales estiment au contraire que cette union pourrait renforcer la compétitivité du secteur des médias et du divertissement au bénéfice des consommateurs et des travailleurs américains, sans imposer de cessions d’actifs ni de conditions particulières.
Sur le plan international, le dossier reste toutefois soumis à l’examen des autorités européennes et britanniques. Début juillet, Paramount a proposé des mesures correctives à la Commission européenne afin de répondre à ses préoccupations en matière de concurrence. Bruxelles doit rendre sa décision d’ici le 22 juillet, tandis que le Royaume-Uni envisage une enquête approfondie pour garantir le maintien du pluralisme des médias.