On peut tracer les causes économiques, oui, mais regarder ce qui se passe dans les salles de dialyse de La Havane, c'est une autre question. Ce qu'on voit là, c'est un système vivant qui s'écroule, et les médecins qui continuent à travailler avec rien. Le bouddhisme parle de la douleur comme une flèche, puis de la deuxième flèche qu'on se tire soi-même avec le récit qu'on s'en raconte. Cuba subit la première flèche, ce manque brutal. Mais les blessures qu'on vous inflige à coups de sanctions, de blâme politique, d'humiliation, c'est des deuxièmes flèches. Les patients et les soignants les reçoivent toutes les deux en même temps, et ça, personne ne le chiffre.
Cuba : un système de santé sous haute tension
A Cuba, la crise énergétique continue de peser lourdement sur le système de santé. Les pénuries d'électricité, de carburant, de médicaments et de matériel médical compliquent le quotidien des établissements hospitaliers et mettent à rude épreuve les professionnels de santé. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 100 000 patients attendent une intervention chirurgicale retardée en raison des difficultés d'approvisionnement et des perturbations qui affectentle fonctionnement des
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On peut tracer les causes économiques, oui, mais regarder ce qui se passe dans les salles de dialyse de La Havane, c'est une autre question. Ce qu'on voit là, c'est un système vivant qui s'écroule, et les médecins qui continuent à travailler avec rien. Le
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Cuba : un système de santé sous haute tension
Par:L'Aigle du Texas
À Cuba, la crise énergétique continue de peser lourdement sur le système de santé. Les pénuries d'électricité, de carburant, de médicaments et de matériel médical compliquent le quotidien des établissements hospitaliers et mettent à rude épreuve les professionnels de santé. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 100 000 patients attendent une intervention chirurgicale retardée en raison des difficultés d'approvisionnement et des perturbations qui affectent le fonctionnement des hôpitaux.
Longtemps considéré comme l'un des plus performants d'Amérique latine, le système de santé cubain bénéficiait d'indicateurs comparables à ceux de nombreux pays développés, notamment en matière d'espérance de vie, de mortalité infantile et de densité médicale. Toutefois, les conséquences combi-nées du renforcement des sanctions américaines, des difficultés économiques internes, du recul du tourisme, des effets de la pandémie de Covid-19 et des pénuries de devises ont profondément fragilisé les capacités du pays à maintenir son niveau de services.
À l'Institut national de néphrologie de La Havane, les médecins poursuivent leur mission malgré des conditions particulièrement difficiles. Dans le service d'hémodialyse, près d'une centaine de patients souffrant d'insuffisance rénale chronique dépendent de traitements indispensables à leur survie. Chaque malade doit bénéficier de trois séances de dialyse par semaine, mais les fréquentes coupu-res d'électricité perturbent régulièrement le fonctionnement des appareils médicaux, obligeant parfois les équipes à réorganiser les soins en urgence.
Pour limiter les conséquences des « apagones », ces coupures pouvant durer jusqu'à vingt heures dans certaines régions du pays, les hôpitaux utilisent des groupes électrogènes. Mais cette solution reste elle-même dépendante de la disponibilité du carburant. Faute d'approvisionnement suffisant en pétrole et en diesel, plusieurs établissements peinent à assurer un fonctionnement continu de leurs équipements médicaux, notamment les respirateurs, les blocs opératoires, les systèmes de réfrigé-ration des médicaments et les appareils de dialyse.
Les organisations internationales et plusieurs agences humanitaires alertent également sur les diffi-cultés d'accès à certains médicaments essentiels, aux consommables médicaux et aux pièces de rechange nécessaires à la maintenance des équipements hospitaliers. Les autorités cubaines attribuent une large part de ces difficultés au renforcement de l'embargo américain et aux restrictions financières qui compliquent les importations. D'autres observateurs soulignent également le rôle des problèmes structurels de l'économie cubaine, du manque d'investissements et de la vétusté des infrastructures dans la dégradation actuelle du système de santé.
Malgré ces obstacles, le personnel médical continue d'assurer les soins avec des moyens limités, faisant preuve d'une forte capacité d'adaptation. Pour de nombreux médecins, infirmiers et techniciens, préserver l'accès aux traitements vitaux est devenu un défi quotidien. Au-delà des considé-rations géopolitiques, cette crise rappelle que les premières victimes des pénuries restent les patients, dont la santé dépend directement de la disponibilité de l'électricité, des médicaments, des équipe-ments médicaux et des ressources nécessaires au fonctionnement des hôpitaux.
Références journalistiques :
-RFI, « À Cuba, la crise énergétique fragilise le système de santé », 30 juin 2026.
-Agence France-Presse (AFP), reportages sur les pénuries d'électricité, de carburant et leurs conséquences sur les hôpitaux cubains, juin 2026.
-Reuters, « Cuba's power crisis strains hospitals and healthcare system », juin 2026.
-Organisation mondiale de la santé (OMS), rapports sur l'impact des pénuries de médicaments et des retards de soins à Cuba, 2026.
-Organisation panaméricaine de la Santé (OPS/PAHO), évaluations du système de santé cubain face aux difficultés d'approvisionnement, 2025-2026.
Thoughts
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PermalinkLa crise sanitaire cubaine ne date pas de l'embargo américain des années 1960, mais de l'effondrement du bloc soviétique. Cuba dépendait de Moscou pour 60% de son pétrole et 80% de ses exportations jusque dans les années 1990 ; l'île n'a jamais diversifié son économie au-delà du sucre et du nickel. Quand l'URSS s'est effondrée, l'économie cubaine a perdu d'un coup deux tiers de son commerce extérieur.
Ce que le texte appelle juste « l'embargo » est en réalité deux choses : les restrictions commerciales américaines (depuis 1960) et, beaucoup plus récemment, le renforcement des sanctions par l'administration Trump (2017-2021) qui ont bloqué les transferts de fonds familiaux et les paiements avec des banques intermédiaires. Entre les deux, Cuba aurait pu s'adapter, mais Trump a rendu les virements et les paiements pour le pétrole pratiquement impossibles.
Sur le plan du système de santé lui-même, il y a une couche supplémentaire : Cuba avait effectivement un bon système, comparable aux États-Unis pour certains indicateurs, meilleur pour la prévention et la couverture. Mais c'était un système qui reposait sur une logistique centralisée et une stablité macroéconomique minimale. Une fois le carburant parti, la chaîne d'approvisionnement s'est cassée d'un coup, et il n'y a aucun filet de secours fédéral ni privé pour reprendre.
Le vrai débat n'est pas « Cuba a-t-il eu raison dans ses choix économiques ? » mais « quand une économie insulaire dépend à 60% d'un seul partenaire commercial, qu'arrive-t-il quand ce partenaire disparaît ? » Ça aurait pu arriver au Sri Lanka, à la Jamaïque, n'importe où.
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PermalinkOn peut tracer les causes économiques, oui, mais regarder ce qui se passe dans les salles de dialyse de La Havane, c'est une autre question. Ce qu'on voit là, c'est un système vivant qui s'écroule, et les médecins qui continuent à travailler avec rien. Le bouddhisme parle de la douleur comme une flèche, puis de la deuxième flèche qu'on se tire soi-même avec le récit qu'on s'en raconte. Cuba subit la première flèche, ce manque brutal. Mais les blessures qu'on vous inflige à coups de sanctions, de blâme politique, d'humiliation, c'est des deuxièmes flèches. Les patients et les soignants les reçoivent toutes les deux en même temps, et ça, personne ne le chiffre.