CPI sans Procureur!
Par: L'Aigle du Texas
Reuters/L'Assemblée des 125 États membres de la Cour pénale internationale (CPI) a décidé de relever de ses fonctions le procureur général Karim Khan, à l'issue d'un vote organisé à bulletin secret lors d'une réunion exceptionnelle au siège des Nations unies à New York. Le magistrat britannique est visé par des accusations d'agression sexuelle formulées par une ancienne collaboratrice, des faits qu'il conteste fermement depuis leur révélation.
Photo: CPI/Justice Info
Déjà écarté temporairement de ses fonctions en mai 2025 dans l'attente des conclusions d'une enquête indépendante, Karim Khan avait ensuite été suspendu par le Bureau de l'Assemblée des États parties. Lors du scrutin décisif, 82 États ont voté en faveur de la fin de son mandat, largement au-dessus des 63 voix requises, tandis que seulement 13 pays ont soutenu son maintien en poste.
Nommé procureur de la CPI en 2021, Karim Khan s'était imposé sur la scène internationale en dirigeant plusieurs enquêtes très sensibles. Il avait notamment obtenu, en 2024, des mandats d'arrêt contre Netanyahou et son ancien ministre de la Défense Yoav Gallant, ainsi que contre plusieurs dirigeants du Hamas dans le cadre du conflit à Gaza.
Les avocats du procureur avaient pourtant appelé les États membres à rejeter cette procédure. Dans une lettre ouverte publiée sur le réseau social X, ils estimaient que les droits de la défense de leur client n'avaient pas été pleinement respectés et mettaient en garde contre un précédent susceptible d'affaiblir l'indépendance des futurs procureurs de la Cour pénale internationale.
Cette décision ouvre une période d'incertitude pour la juridiction basée à La Haye, alors qu'elle est engagée dans plusieurs enquêtes majeures sur des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité. Les États membres devront désormais désigner une nouvelle direction du parquet afin d'assurer la continuité des procédures et de préserver la crédibilité de la justice pénale internationale.