Condamnation pour deepfakes pornographiques
Un informaticien niçois de 47 ans a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour avoir administré pendant près de vingt ans un vaste site de diffusion de deepfakes pornographiques. La plateforme, fréquentée par des centaines de milliers d'internautes, proposait des photos et vidéos truquées mettant en scène des célébrités et de nombreuses autres victimes, dont les visages étaient incrustés sur des contenus à caractère sexuel sans leur consentement.
Photo: RTL
L'enquête, menée grâce à une coopération entre les gendarmes français et les autorités américaines, a permis d'identifier puis d'interpeller Cyrille Bourgeois le 10 juin à son domicile de Nice. Le prévenu a comparu le 7 juillet devant la 13ᵉ chambre du tribunal correctionnel de Paris pour répondre de plusi-eurs années d'exploitation illicite de l'image et de l'intimité de milliers de personnes.
Selon les éléments présentés à l'audience, le site administré par le prévenu aurait fait plus de 14 000 victimes et diffusé des contenus manipulés grâce aux technologies de l'intelligence artificielle. L'affaire illustre l'ampleur prise par les deepfakes pornographiques, devenus un enjeu majeur pour la protection de la vie privée et la lutte contre les violences numériques.
Le tribunal a condamné l'informaticien à deux ans d'emprisonnement, dont un an ferme, une peine aménageable sous bracelet électronique. Il devra également s'acquitter d'une amende de 10 000 euros. Cette décision marque une étape importante dans la répression de ce type de criminalité numéri-que.
Cette condamnation intervient alors que les autorités françaises renforcent leur lutte contre les usages illicites de l'intelligence artificielle et les atteintes au droit à l'image. Les enquêteurs rappellent que la coopération internationale est devenue indispensable pour identifier les auteurs de ces infractions commises sur des plateformes accessibles à l'échelle mondiale.